MADAGASCAR – Revoilà la famine, loin des yeux et loin des préoccupations

Alors que la capitale et certaines régions en basse altitude sont pratiquement inondées, certaines régions de la Grande Ile connaissent toujours la sécheresse. Un paradoxe mortel. C’est ainsi que dans certaines communes du district de Bekily, dans le Sud du pays, la famine est en train de tuer progressivement à petit feu un peu plus de 35.000 individus. La famine concerne notamment les communes de Vohimanga, Beraketa, Tanandava et Mitsinjo.

Pendant que les habitants de ces communes se contentent de mangues vertes pour se nourrir, la préoccupation des autorités sont ailleurs. La famine, dans le Sud de Madagascar, se déroule généralement loin des yeux et loin des soucis des citadins. Il faut que l’alerte soit donnée pour que les grandes villes et les palais parviennent à se mobiliser. On attend, malheureusement, comme auparavant, que le nombre des victimes de la faim se multiplie. Tout le monde se souvient du « kere » du début des années 90. A l’époque, la circulation des informations n’est pas ce qu’elle est actuellement.
Aujourd’hui, en peu de temps, grâce à la nouvelle technologie, les informations circulent beaucoup plus rapidement. Mais pour le moment, le cas des habitants de ces quelques communes rurales de Bekily ne suscite pas vraiment l’inquiétude.
Depuis toujours, le Sud a du mal à combattre la famine. Tous les ans, certaines régions connaissent la difficulté en termes de nutrition. Il n’y a pas de miracle pour le moment. Certaines localités sont victimes de la sécheresse de manière récurrente. L’agriculture en souffre, et la population a du mal à se nourrir. C’est ce qui est en train de se passer encore actuellement.
L’attachement aux terres natales pousse toutefois les habitants à rester, autant que possible, dans leur village ou dans leur commune d’origine, à l’exception de ceux qui se déplacent pour trouver des emplois et des revenus supplémentaires ailleurs.
Depuis des décennies, la famine constitue un fléau fréquent pour le Sud, outre l’insécurité. Au même moment, cependant, les projecteurs sont braqués vers l’hôtel Cinq étoiles d’Ivato et vers le palais d’Iavoloha où, généralement, les noms des ministres sont égrenés à la lecture d’un décret portant nomination des nouveaux membres du gouvernement. C’est devenu de la routine. Mais depuis des décennies, tourner les yeux sur ce qui se passe dans les régions en difficulté du Sud n’a jamais été une routine. On attend les premiers bilans de la famine pour commencer à s’intéresser à la région. Mieux vaut tard que jamais. Certes. Mais, actuellement, le moment est peut-être venu de se pencher plus sérieusement sur le cas des habitants du Sud de Madagascar, régulièrement victimes de la famine. Plusieurs propositions de solutions doivent être étudiées puisque l’on sait que certaines régions du pays disposent d’excédents de nourritures, qui, parfois, pourrissent sur place. Un autre paradoxe inquiétant.

J. Nantenaina
 http://www.lanation.mg/article.php?id=16698

Publié le 24 janvier 2015, dans AFRIQUE, Droits humains, Madagasikara - Crise, Médiamensonges, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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