Les deux français enlevés au MALI: Mercenaires ou Géologues ?

Les deux français enlevés au Mali seraient des  mercenaires dont l’un, Philippe Verdon, est bien connu dans la  zone Océan Indien notamment à Madagascar. En témoignent  les articles de presse ci-après :

Enlèvement au Mali: l’identité des deux Français plus trouble qu’il n’y paraît

Friday, 25 November 2011 18:32

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Les deux Français enlevés dans leur hôtel d’Hombori, bourg du nord-est du Mali, dans la nuit de mercredi à jeudi, ne seraient peut-être pas des géologues. Ils étaient arrivés dans l’hôtel «Dombia» mardi vers 20 heures pour le compte d’une société malienne, Mandé Construction Immobilière (MCI), afin de faire des prélèvements de sols en vue de la construction d’une cimenterie.

A leur arrivée au «Dombia», ils n’ont pas rempli de fiche à leur arrivée, mais leurs noms ont été consignés dans un cahier par la direction de l’établissement qu’a pu consulter l’AFP: Philippe Verdon et Serge Lazarevic. Ces mêmes noms se retrouvent sur l’ordre de mission de MCI signé de son directeur, Djibril Camara. Philippe Verdon y apparaît comme «chef de mission», Serge Lazarevic comme «chef minier». Serge Lazarevic, décrit comme un «colosse métis arabe» par des témoins et Philippe Verdon, «d’allure plutôt frêle», venaient d’effectuer leur première journée de travail sur le terrain lorsqu’ils ont été enlevés.

Coups d’état et recrutement de mercenaires

Des interrogations subsistent sur les activités réelles des deux Français présentés comme des géologues, leurs noms -si ce ne sont pas des homonymes- apparaissant sur des sites Internet relatant diverses et troubles activités passées aux Comores et à Madagascar pour Verdon, dans les Balkans et dans l’ex-Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) pour Lazarevic.

Europe 1 apporte d’autres révélations vendredi sur le passé des deux Français kidnappés. «Les hommes ne sont pas des inconnus des services secrets français», indique le site de la radio. «En 1999, Serge Lazarevic apparaît ainsi dans une procédure judiciaire en Serbie, visant un réseau clandestin financé par le contre-espionnage français. Et qui devait, selon la justice serbe, assassiner le président Slobodan Milosevic.» Les révélations ne s’arrêtent pas là: Lazarevic, d’origine hongroise, aurait également participé au recrutement de mercenaires yougoslaves envoyés combattre au Zaïre», une opération, «là encore» précise Europe 1, suivie de près par le renseignement français.

Concernant l’autre Français enlevé au Mali, Europe 1 écrit qu’il avait été arrêté «en septembre 2003 aux Comores pour avoir voulu renverser le pouvoir du colonel Azali Assoumani dans une tentative de coup d’Etat rocambolesque».

Source: 20minutes.fr – le 25/11/2011 à 16h36

Mali : Des otages au passé sulfureux

INFO EUROPE 1 – Les deux hommes enlevés jeudi sont des vieilles connaissances des services français.

Les deux ressortissants français enlevés au Mali dans la nuit de mercredi à jeudi ont été identifiés par les autorités maliennes. Il s’agit de Serge Slobodan Lazarevic et de Philippe Verdon. Les deux hommes se présentaient comme des géologues en mission de prospection au Nord du Mali pour une entreprise locale, Mandé Construction immobilière.

Lazarevic inquiété en Serbie
Mais les autorités françaises ont un doute sur les activités réelles des deux hommes sur place, qui n’avaient pas prévenu l’ambassade de leur présence. Par ailleurs, la Direction générale des services extérieurs (DGSE ), chargée de négocier la libération des otages français actuellement retenus dans le Sahel, a découvert après leur enlèvement leur présence sur la zone.

Mais surtout, d’après les informations d’Europe 1, les deux hommes ne seraient pas inconnus des autorités françaises. En 1999, Serge Lazarevic apparaît ainsi dans une procédure judiciaire en Serbie, visant un réseau clandestin financé par le contre-espionnage français. Et qui devait, selon la justice serbe, assassiner le président Slobodan Milosevic. Deux ans auparavant, l’homme, d’origine hongroise, aurait également participé au recrutement de mercenaires yougoslaves envoyés combattre au Zaïre, pour soutenir le régime du président Mobutu. Là encore, cette opération, bien que privée, était suivie de très près par une des agences française de renseignement.

Verdon, un putsch raté aux Comores
Philippe Verdon a pour sa part été arrêtés en septembre 2003 aux Comores pour avoir voulu renverser le pouvoir du colonel Azali Assoumani dans une tentative de coup d’Etat rocambolesque, monté par le commandant Combo, ancien membre de la garde présidentielle, proche de Bob Denard. Le mercenaire français avait alors admis connaître Philippe Verdon.

Comme toujours dans les affaires d’otage, les services de police devraient procéder à des perquisitions au domicile des deux hommes. Ce qui pourrait permettrait de lever tout doute sur une possible double homonymie, et d’en savoir un peu plus sur la raison réelle de leur présence au Mali. L’armée malienne, appuyée par des militaires français et les services de renseignement extérieurs, recherchent activement les deux hommes.

http://www.bamanet.net/index.php/actualite/autres-presses/16261-enlevement-au-mali-lidentite-des-deux-francais-plus-trouble-qui

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  • POLITIQUE

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    Jean-Philippe Verdon (Photo « La Vérité » )

    Expulsion du « mercenaire »Jean-Philippe Verdon

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 28/10/2010

    (MADA.pro) Considéré comme un mercenaire, Jean-Philippe Verdon, 52 ans, a été reconduit aux frontières nationales dans la nuit du mardi à mercredi, pour être mis à bord d’un avion en partance pour Paris. Ainsi, ce ressortissant français a été expulsé cinq jours après son arrestation à Antananarivo.

    Jusqu’ici, Verdon est surtout connu comme étant un homme d’affaires. Il possède à Madagascar une entreprise dénommée Cominas-Ianapera, qui est aujourd’hui en léthargie. Certaines sources indiquent même que cette dernière n’a plus d’activités et a fermé ses portes.

    Dans le passé, Verdon a eu maille à partir avec l’entrepreneur français Alain Moyon qui a la réputation, fondée ou non, de pouvoir faire expulser du territoire malgache les opérateurs économiques étrangers de la Grande Ile qui s’opposent à lui. C’est ainsi, semble-t-il, que Verdon a déjà été expulsé à deux reprises. La première fois par le gouvernement de Didier Ratsiraka, après avoir été proche de l’amiral-président. Et la seconde fois par le gouvernement de Marc Ravalomanana en 2008.

    Depuis cette date, l’’homme d’affaires français est en outre frappé d’interdiction d’entrée sur le territoire malgache. Cependant, il a pu entrer librement dans le pays ces derniers mois, à partir de l’aéroport international d’Ivato. Et ce, avec la complicité des responsables de la Police de l’air et des frontières (PAF). En fait, Verdon a pu franchir les frontières malgaches le 4 mai puis le 9 mai en 2009 ; le 23 septembre, le 12 octobre et le 19 octobre de cette année. On se perd en conjectures quant aux raisons de ce va-et-vient récent.

    Il est probable que Verdon ait été arrêté pour violation de la loi sur l’entrée et le séjour des étrangers. Mais, pour le quotidien Ma-Laza, l’explication de l’arrestation est à chercher ailleurs. « Ce problème, écrit-il, s’apparente à un conflit d’intérêt. Philippe Verdon aurait en effet nui aux affaires de certains opérateurs économiques de même nationalité que lui ». Mais, les médias officiels et proches du pouvoir, ont pour leur part indiqué que l’arrestation et l’expulsion de l’homme d’affaires sont justifiées par le fait que celui-ci est un mercenaire qui a voulu attenter à la vie du chef de la transition, Andry Rajoelina.

    A ce sujet, La Gazette de la Grande Ile a écrit dans ses colonnes : « Le gouvernement malgache se débarrasse ainsi d’un boulet encombrant puisque le maintien en détention du prétendu « mercenaire » pourrait provoquer des problèmes si il s’avère que l’homme est vraiment ce qu’on prétend l’être. On peut voir ses « amis » rappliquer pour le libérer ou manœuvrer pour presser l’Etat malgache en vue de l’obtention de sa libération ». Et d’ajouter : «On ne sait pourquoi Monja Roindefo cherche à le protéger. Bizarre ».

    Il faut dire que l’ancien premier ministre de la Transition est une connaissance de Philippe Verdon. A ce propos La Vérité écrit : « Dans un communiqué que ses proches ont récemment envoyé à des salles de rédaction de la Capitale, Monja Roindefo a déclaré urbi et orbi que la décision, portant interdiction d’entrée sur le territoire national de Philippe Verdon, a déjà été levée. Ce qui l’a amené à traiter le régime de Transition de tous les mots et maux, jusqu’à le qualifier de fouler au pied la légalité, suite à l’arrestation de ce ressortissant français qui a été taxé de franchissement illégale des frontières nationales. D’ailleurs, dans son discours sulfureux à Toamasina de samedi dernier, cet ex – Premier ministre de la Transition n’a point mâché ses mots pour carrément diaboliser l’actuel pouvoir, à cause de cette affaire. En d’autres termes, Monja Roindefo a voulu faire valoir, aux yeux du monde entier, que le régime de Transition a été en train d’infliger des mesures abusives contre un… « agneau », « doux » et « clean » jusqu’au bout des ongles ».

    Sur le même thème, Ma-Laza avance: « Les observateurs se demandent maintenant si l’affaire Philippe Verdon ne vise directement l’ancien PM Monja Roindefo dans sa campagne anti-référendum ».

    A cause de cette affaire, le commissaire de police Jean Brunel Razafindrahofa, responsable de la Police de l’air et des frontières, a été limogé. Dans sa chute, il a voulu entraîner avec lui son chef hiérarchique, en l’occurrence Organès Rakotomihantarizaka, ministre de la Sécurité intérieure. Selon son subordonné, celui-ci l’aurait enjoint de considérer Philippe Verdon comme un passager normal et de le laisser tranquille lors de son arrivée à l’aéroport d’Ivato.

    Le membre du gouvernement a répondu à cette accusation en déclarant : « Je n’ai jamais donné ordre à quiconque de passer outre cette interdiction d’entrée de Philippe Verdon. D’ailleurs, comment voulez-vous admettre que j’aurais autorisé cet individu à entrer dans le pays alors qu’il aurait mijoté de faire tomber l’actuel régime de Transition, dont je fais pourtant partie intégrante ? Je ne vais quand même pas autoriser quelqu’un à me déboulonner de mon piédestal » Et de préciser : « Je ne suis pas un élément indigne de confiance au sein du régime de Transition. Cet incident n’a pas pu atteindre ma fidélité envers le pouvoir actuel ».

    Il faut dire que le passé de Philippe Verdon ne plaide pas en sa faveur. Il y a quelques années aux Comores, celui-ci a fait parler de lui en tant que mercenaire. En fait, il a été écroué à la Maison d’arrêt de Moroni en novembre 2003, en compagnie de son compatriote Pascal Lupart et de l’avocat franco-comorien Saïd Larifou Les trois compères étaient accusés d’avoir préparé une opération de déstabilisation contre le pouvoir et incité à la violence un mois auparavant.

    Les reportages des envoyés spéciaux de la presse internationale à l’époque nous permettent aujourd’hui de relater l’aventure de l’homme d’affaires français dans l’archipel comorien. Ainsi, Philippe Verdon est présenté par les autorités de Moroni comme un mercenaire. Il s’en défend et argue qu’il a même été réformé du service militaire pour raisons médicales.

    Mais, il est rapporté que Philippe Verdon a rencontré Bob Denard, le célèbre mercenaire aujourd’hui disparu qui a régné en maître absolu aux Comores pendant plusieurs années. Contacté à l’époque par une agence de presse, Bob Denard a confirmé qu’il connaissait Philippe Verdon. Il a en outre déclaré l’avoir rencontré «plusieurs fois» à Paris mais il a dit ne savoir ni quand ni par qui il lui a été présenté. Verdon n’est, selon lui «pas un soldat» mais un homme qui «faisait des affaires», sans donner plus de détail. A l’époque, ce dernier vit entre Madagascar, où il a des affaires, et la France. Par ailleurs, il est défendu par Me Alexandre Varaut, connu pour avoir fait partie de l’équipe de défense de Bob Denard.

    Pascal Lupart, gérant de société à Bordeaux (France), qualifié également de mercenaire, s’est trouvé embarqué dans cette histoire par Verdon. Celui-ci l’aurait convaincu des avantages qu’il y avait à se trouver aux côtés d’un homme politique africain à la veille de sa prise de pouvoir.

    Le ministre comorien de la Défense évoque comme pièces à conviction «le contenu de l’ordinateur saisi sur Philippe Verdon», ou encore «l’enregistrement» d’une conversation entre un officier de l’armée comorienne et Philippe Verdon, à l’insu de ce dernier. Cet enregistrement indique que, se présentant comme émissaire de la France, Philippe Verdon contacte le commandant Ayouba Combo, numéro trois de l’état-major comorien et rare haut gradé revendiquant un long compagnonnage avec Bob Denard. Verdon lui parle, au nom d’amis communs, sans jamais citer l’ex-mercenaire, de la nécessité de changer de régime. « Comment, et que proposez-vous ? » Verdon imagine un scénario à la malgache : entretien d’une pression populaire avec le soutien de la communauté internationale, puis celui de l’armée.

    La tentative d’opération de déstabilisation menée en terre comorienne remonte à 2003. Sept ans après, Philippe Verdon a-t-il voulu rééditer la même opération à Madagascar ? On ne le saura sans doute pas car ’il n’y aura pas de procès de « l’affaire Philippe Verdon », faute d’accusé…

http://www.mada.pro/actualite_verdon.html

N° 278
du 03/10/2003
        Comores

Un opposant et trois Français écroués pour attentat à la sécurité

Me Saïd Larifou, président du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja-opposition), et deux Français, Philippe Verdon et Pascal Lupar ont été inculpés et écroués le 24 septembre à Moroni pour «attentat à la sécurité de l’Etat, déstabilisation et incitation à la violence», a annoncé le porte-parole du gouvernement de l’Union des Comores, Ali Msaidié Houmed.
Un quatrième homme arrêté dans ce dossier, un cameraman français qui travaille pour la chaîne de télévision Canal Plus, Morad Aït-Habbouche, a en revanche été libéré et a pu quitter les Comores le 27/09.
Saïd Larifou est un avocat qui bénéficie de la nationalité franco-comorienne et est basé à La Réunion, île française de l’océan Indien.
Le ministre comorien de la Défense et de la Sécurité, Hamada Madi Boléro, a confirmé les accusations qui pèsent contre Me Larifou : «Pour nous le dossier est plein, il reste à la justice à se prononcer». Le ministre de la Défense a évoqué comme pièces à convictions «le contenu de l’ordinateur saisi sur Philippe Verdon», ou encore «l’enregistrement» d’une conversation entre un officier de l’armée comorienne et Philippe Verdon, à l’insu de ce dernier.
Selon l’avocat du Français Philippe Verdon, ce dernier intervenait aux Comores comme conseiller politique de Me Saïd Larifou.
Par ailleurs, l’opposant politique franco-comorien a été présenté devant un juge d’instruction dans le cadre d’une autre affaire, étant accusé d’outrage à magistrat. Le 24 septembre, il avait refusé de signer le procès-verbal de son inculpation pour «attentat à la sûreté de l’Etat», et l’avait jeté au visage du juge en le qualifiant de «chiffon».

Les faits

Ces arrestations ont été effectuées alors que le Ridja devait organiser lundi une manifestation à Moroni pour dénoncer la hausse des prix.
Le Ridja avait rassemblé environ 1.500 sympathisants le 15 septembre dans une marche pacifique contre le président de l’Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, à Foumbouni, dans le sud de l’île de la Grande-Comore.
Me Larifou avait annoncé qu’il s’agissait de la première d’une série de marches similaires destinées à «canaliser le mécontentement populaire» contre le pouvoir du colonel Azali, élu en avril 2002 à la présidence de l’Union des Comores après avoir pris le pouvoir lors d’un putsch le 30 avril 1999.
Me Larifou était arrivé en troisième position du premier tour de l’élection présidentielle de l’île de la Grande-Comore en mai 2002.
Le Ridja, créé après le déclenchement de la crise provoquée par la sécession de l’île d’Anjouan en août 1997, développe les thèmes de la justice sociale et de la lutte contre les inégalités.
Il avait pris part à la conférence inter-comorienne de réconciliation tenue en avril 1999 à Antananarivo, la capitale de Madagascar.

Les vieux démons

Il s’agit de la quatrième tentative de coup d’Etat que les autorités affirment avoir déjoué depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Azali.
Depuis son indépendance de la France en 1975, les Comores ont connu une vingtaine de coups d’Etat ou tentatives, dont quatre réussis. La dernière tentative de coup d’Etat remonte à décembre 2001.
Une source gouvernementale qui a requis l’anonymat a assuré que M. Verdon avait eu «des relations avec Bob Denard lors du procès» de ce dernier à Paris en 1999. L’ancien mercenaire français avait été acquitté en 1999 dans son procès pour l’assassinat en 1989 du président des Comores Ahmed Abdallah.
Contacté par l’AFP depuis Paris, Bob Denard a confirmé qu’il connaissait Philippe Verdon, mais pas Pascal Lupar.
Il a déclaré avoir rencontré «plusieurs fois» M. Verdon à Paris mais il a dit ne savoir ni quand ni par qui il lui a été présenté. M. Verdon n’est, selon lui «pas un soldat» mais un homme qui «faisait des affaires», sans donner plus de détail.
Selon des sources policières à Paris, M. Verdon, 45 ans, a été proche de l’ancien président de Madagascar Didier Ratsiraka, exilé en France depuis juillet 2002, et aurait exercé des responsabilités locales au sein de l’ex-RPR (parti gaulliste).

Les réactions

L’avocat de Saïd Larifou a dénoncé «les pratiques staliniennes destinées à étouffer» le parti de son client et à «compromettre» ce dernier. «C’est un dossier vide, un dossier bidon, de la fiction, mais de la mauvaise fiction», a déclaré lors d’une conférence de presse à Moroni, Me Rama Valayden.
«L’arrestation de Me Larifou ne m’a pas surpris parce que, il faut oser le dire, il n’existe pas un Etat de droit aux Comores (…). Par contre, l’accusation d’attentat à la sécurité de l’Etat portée contre lui m’a profondément choqué car Larifou est un grand démocrate», a affirmé Me Rama Valayden, avocat mauricien.
«Désormais, toute manifestation contre une hausse des prix sera assimilée à un attentat à la sûreté de l’Etat», a ironisé l’avocat, en faisant référence aux manifestations organisées par le Ridja.
Me Valayden a précisé qu’il n’agissait pas seulement en tant qu’avocat, «mais également en tant que représentant du Mouvement républicain (MR)», un petit parti de l’opposition mauricienne qu’il dirige.
«Nos deux partis (Ridja et MR) partagent un idéal commun, le rapprochement des îles de l’océan Indien, dans la liberté et la démocratie», a-t-il dit.
Il a ajouté que le MR, qui a organisé «une manifestation symbolique» devant le consulat des Comores à Maurice pour exiger la libération de Me Larifou, allait initier dans la région une campagne de boycott du président comorien, le colonel Azali Assoumani, «tant que Larifou restera en prison».
«J’ai même écrit à (l’ancien) président sud-africain Nelson Mandela», a-t-il précisé.
Pour le secrétaire général du Ridja, Ahamada Achirafi, «aujourd’hui, le Ridja apparaît comme le principal parti d’opposition et le colonel Azali veut casser son enracinement, surtout en prévision des prochaines législatives».
Il a affirmé que «les deux ressortissants français (inculpés et écroués pour les mêmes motifs que M. Larifou) n’ont aucun lien avec le Ridja». «M. Larifou les a connus à Paris au cours d’un colloque qu’il avait organisé à l’Assemblée Nationale française en juin 2003 conjointement avec Comores Espoir», une ONG de la diaspora comorienne en France, a-t-il soutenu.
Le site internet de l’Assemblée nationale française fait en effet état d’un colloque intitulé «Quel développement pour les Comores», organisé par le député Jean-Claude Lefort, le 11 juin 2003 dans les locaux de l’Assemblée. M. Larifou aurait prononcé la première intervention et les conclusions de ce colloque.
Philippe Verdon, un des deux Français écroués, a participé au colloque, selon le site internet de l’Assemblée, et a prononcé un exposé intitulé «Quel service public pour les Comores?».
Enfin, le Ridja a organisé à Foumbouni, village natal de Me Larifou, une manifestation qui a réuni quelque 200 personnes pour demander sa libération.

Une réaction de la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme

La FCDH a publié le communiqué ci-dessous à Moroni le 27 Septembre :

«La situation qui prévaut ces derniers temps dans notre pays vient rappeler encore une fois que le cauchemar des mauvais jours est loin d’être passé.
L’on se surprend en effet à constater que les Comores, au lieu de s’acheminer vers la tenue des législatives nationales et locales pour parachever les institutions de l’Union, retournent dans les années sombres où l’arbitraire était le moyen ordinaire pour l’Etat de se maintenir face aux luttes revendicatives légitimes de la population, notamment celles de la hausse des prix, et les accusations d’atteinte à la sécurité de l’Etat, comme l’instrument dissuasif et efficace pour priver aux citoyens actifs leur liberté d’expression et de manifestation.
Les graves emprisonnements de personnalités civiles et politiques, incarcérées ces derniers mois sans le moindre respect des procédures régulières judiciaires et qui plus tard, ont été libérées dans la plus grande confusion, confirment la montée inquiétante de l’insécurité dans le pays.
Les emprisonnements aussi arbitraires que les libérations, de journalistes de Radio Ngazidja, du Ministre de l’Intérieur de l’île de N’gazidja, d’un ancien Premier ministre, de l’interdiction du journal El Fadjr à Anjouan et de la quasi-impossibilité d’expression publique des leaders politiques locaux sans se sentir menacés, de la fermeture d’une radio libre à Mohéli ; tout cela vient rappeler que personne n’est à l’abri où qu’elle se trouve sur l’ensemble du territoire national.
En outre, les arrestations récentes du Président du parti Ridja, de 2 journalistes et un juriste français, semblent s’inscrire dans la même logique qui consiste plus à intimider, humilier et embastiller qu’à rechercher les moyens d’appliquer le droit.
Le pays actuellement ne dispose pas toujours de la façade institutionnelle de la démocratie, caractérisée en particulier par la présence même symbolique de pouvoir législatif et judiciaire capable de contrôler directement et indirectement les pouvoirs exécutifs.
Les citoyens sont donc dépourvus de tout moyen de recours sérieux et crédible pour défendre dans la légalité leurs droits civils, économiques, sociaux, politiques et juridiques.
Aussi, la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) et l’Initiative Citoyenne des Comores (ICC) :
* appellent les autorités politiques :
– à respecter les principes des Droits de l’Homme, de la démocratie, conformément aux Constitutions de l’Union des Comores et des Îles autonomes, aux pactes et conventions que les Comores ont ratifiés,
– à mener une véritable politique de dialogue sincère et non factice avec tous les acteurs du développement du pays et de la communauté internationale, seule gage d’une paix civile et d’un développement durables
* exigent qu’il soit mis fin immédiatement à tout emprisonnement qui n’obéit à aucune règle de droit
* lancent un appel à tous les citoyens, aux organisations de la société civile et aux partis politiques, de prendre en main leurs responsabilités face aux périls qui guettent le pays.

http://www.afrique-express.com/archive/AUSTRALE/comores/comorespol/278unopposantetrios.htm

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Publié le 26 novembre 2011, dans Uncategorized, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

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