MADAGASCAR – Mananara-Nord: Capitale de la magouille et de la corruption

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A plusieurs reprises déjà nous avons pris la peine de tirer la sonnette d’alarme à propos de cette localité lointaine qui a tant fait parler d’elle depuis presque dix ans à cause des activités illégales qui se commettent là-bas, plus qu’ailleurs.

Ce n’est pas de gaîté de cœur que nous tirons à boulets rouges à tous les coups sur ce district qui est un des hauts-lieux du trafic de bois de rose. Des informations recueillies vérifiées et confirmées permettent d’affirmer que les réseaux des activités maffieuses en ont fait une véritable plaque tournante des contrebandes en tous genres et un territoire où n’importe qui peut enfreindre les lois de ce pays sans avoir à s’inquiéter.
Selon des confidences de personnes dignes de foi, cette situation de mauvaise gouvernance est possible parce que facilitée par les relations entre des riches hommes d’affaires pas très respectueux de la loi et une poignée de fonctionnaires civiles et militaires craintifs. Ils vivent journellement sous la menace d’une mesure disciplinaire abusive qui risque de les éloigner de cet eldorado sur lequel pour fermer les yeux et la bouche, certains d’entre eux sont payés à coups de centaines de millions d’Ariary avec l’assurance de vivre sans craindre de mourir d’une mort violente. Ceux qui n’obéissent pas à la loi du silence ou jouent les fortes têtes ne restent pas longtemps à Mananara… Faut-il encore rappeler que c’est du rivage de ce petit port voisin du Cap Masoala que des centaines de rondins de bois de rose sont embarqués à bord en haute mer sur des navires à destination de l’Asie. Ce commerce très destructeur pour l’environnement ne date pas de nos jours, du temps du Premier ministre Rainilaiarivony déjà pour renflouer les caisses du royaume, des accords avaient permis à des sociétés étrangères d’exploiter les bois précieux (l’ébène, le bois de rose et le palissandre…). Seulement l’essor de l’exportation de ces richesses de nos forêts ont connu un coup de fouet avec l’avènement de la Transition. Sous le couvert de la nécessité vitale pour le régime putschiste de 2009 de colmater les brèches financières d’un climat de défiance imposé par la Communauté internationale, elle facilitera jusqu’à nos jours l’émergence des réseaux de trafiquants qui s’enrichissent à coups de milliards d’Ariary qui ne seront jamais rapatriés tout en permettant à des décideurs étatiques d’engranger suffisamment de fonds pour les besoins de la politique de la Haute Autorité de l’Etat avec comme bonus, les soutiens occultes et financiers de puissants groupes asiatiques. Les récents renseignements qui nous sont parvenus, ont signalé les saisies de cargaisons de milliers de tonnes de rondins de bois de rose à Singapour, à Mombassa, à Zanzibar et au Shri Lanka et confirment la poursuite des coupes de rondins de bois de rose dans les parcs nationaux voisins afin de rendre possible ces livraisons de plus 5000 tonnes que les barons de ce trafic envisagent de réaliser jusqu’au mois d’octobre de cette année. Les observateurs ont constaté que depuis quelques mois, les jeunes gens désertent les travaux des rizières pour travailler jour et nuit dans l’acheminement des rondins jusqu’aux lieux d’embarquement. La Police nationale et la Gendarmerie ne voient rien de tout cela et si pour la forme elles sévissent, il faut s’attendre par la suite à constater que les stocks saisis ont disparu et furent remplacés par d’autres rondins nouvellement livrés.
Depuis Maroantsetra jusqu’à Tamatave en passant par Mananara-Nord et Antalaha, les appuis de Sidonie, ses 3 frères et 4 sœurs qui possèdent chacun un bateau et d’autres transporteurs bien payés furent très efficaces pour la réalisation de toutes ces opérations d’embarquement. Pour masquer leur participation complice, avec la couverture des parents hauts placés à Antananarivo, cette famille réputée pour le trafic d’influence et la protection d’un procureur actuellement muté ailleurs, n’hésite pas à faire de l’arbitraire et de l’usurpation d’autorité pour se faire respecter. Un exemple parmi tant d’autre. Sur ordre du député Sidonie, par l’intermédiaire de son assistant parlementaire Clematique, elle se permet de contrôler le trafic routier entre Tamatave et Mananara-Nord à partir de la Commune rurale d’Antanambe (suivant un document daté du 28 mai 2014 signé par la même personne chargée de cette mission). Ce faisant, ils obligent les camions à transborder sur leurs bateaux les marchandises destinés aux commerçants de Mananara-Nord, avec tous les risques que comporte cette forme d’acheminement dans une zone maritime très dangereuse. Il n’y pas longtemps, les bateaux de Kiki avec 39 passagers disparus, de Marie et Odile, ont sombré avec les chargements et les voyageurs. Il se trouve aussi que même si les frets arrivent à destination, l’eau de mer a fait son effet et a causé des dégâts et des avaries qui détériorent les marchandises et les rendent invendables sur le commerce… Avec des agissements de ce genre, la maffia locale fait d’une pierre deux coups, ils encaissent des frais de transport par bateau et cassent la concurrence. Sous le prétexte fallacieux que les camions détruisent les routes. Le Chef de District et les services de transport ne sont pas concernés par ces initiatives déplacées et à l’avantage d’un réseau local de profiteurs mais préjudiciables pour plusieurs commerçants et des propriétaires de camions. Force est de constater que c’est peine perdue de vouloir prétendre asseoir une bonne gouvernance dans tout le pays lorsque, rien que dans un district de la dimension de Mananara-Nord, les très très riches affairistes malhonnêtes comme Thunam Roger, Sam-Sam Yok, Arlan, Bekasy et consorts (tous des intouchables), font la loi et dictent leur volonté. C’est à ce niveau qu’il faut commencer à sévir. Inutile de se leurrer, ce n’est pas avec un comité qui n’a aucun pouvoir institutionnel qu’on croit venir à bout des trafics de bois de rose. Lâchez les brides aux policiers, aux gendarmes, aux juges et laissez-les faire leur travail sans les interférences perverses de telles ou telles grosses pointures de la République. Mais tant que les gens d’en haut peuvent intervenir en faveur de la filière, il ne faut rien espérer. « La commercialisation des stocks de bois de rose », au lieu de faciliter les choses, risque de compliquer encore plus les moyens d’éradiquer le mal. Et le ministre en charge du dossier fait preuve d’un optimisme de principe en disant « les résultats ne seront pas palpables dans un ou deux mois. Mais les actions se feront dans le moyen terme, afin de mettre fin au trafic dans trois ou quatre ans ».

http://www.lanation.mg/article.php?id=12344

 

 

Publié le 3 juillet 2014, dans Chine, Droits humains, Françafrique, Madagasikara - Crise, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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