Emmanuel Todd : « En bas l’intelligence progresse, tout comme le taux de crétins diplômés en haut » (Marianne)

Le Sociologue Emmanuel TODD nous livre dans son ouvrage qui vient de sortir, une très intéressante analyse sociologique et politique de la France actuelle. Il en ressort notamment une nouvelle et édifiante présentation des classes sociales actuelles:

  • 1% de dominants, eux-mêmes divisés entre 0,1% de véritables décideurs détenteurs du capital – « l’aristocratie stato-financière » – et 0,9% de « dépendants », ces opulents très aisés qui croient être au niveau des rois, mais qui n’en sont que la cour servile ;  à noter, même si Todd ne le précise pas, que Macron se trouve probablement dans cette dernière sous-catégorie, vu, répète l’auteur tout au long de son ouvrage et de ses interventions médiatiques, que ce personnage élyséen fantoche est totalement dépourvu de tout pouvoir, simple exécuteur privilégié au service de ses commanditaires de l’aristocratie stato-financière ;
  • la petite bourgeoisie CPIS (cadres et professions intellectuelles supérieures – 19%) rassemblent des professions aussi disparates que les cadres commerciaux, les médecins, les avocats, les profs du second degré… et jusqu’aux artistes de cirque !
  • la « majorité atomisée », la plus fournie (50%)  est composée de la masse des techniciens, infirmier.e.s, artisans, petits commerçants, agriculteurs, ouvriers et employés qualifiés…
  • le « prolétariat » moderne (30%) : les ouvriers et employés non qualifiés, les immigrés, les précaires déclassés, bref (c’est moi qui précise) le gros des bataillons de Gilets jaunes de la première heure.
Source: https://yetiblog.org/archives/21795

Emmanuel Todd : « En bas l’intelligence progresse, tout comme le taux de crétins diplômés en haut » (Marianne)

Propos recueillis par Kévin Boucaud-Victoire et Franck Dedieu

Au cours d’un entretien fleuve, nous avons interrogé Emmanuel Todd pour « Les luttes de classes en France au XXIe siècle », son livre-évènement.

Dans son dernier ouvrage, Les luttes de classes en France au XXIe siècle, inspiré par Karl Marx – auteur de Les luttes de classes en France (1850) – Emmanuel Todd réalise une photographie sociale de la France. Il cherche à répondre à un paradoxe : alors que l’euro a échoué économiquement, il a triomphé politiquement, au prix du retour de la lutte des classes.

Marianne : Pour vous, l’inégalité n’est pas le problème central en France. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Emmanuel Todd : Il y a un groupe de 1% supérieur qui se détache nettement, mais dont la situation dans le monde n’est pas tellement brillante quand on compare à ses homologues. Les 1% français à l’échelle mondiale sont des petits bras. Bernard Arnault est dans le top 5, mais je pense le mettre à sa juste place en rappelant qu’il s’occupe de biens de luxe dont les classes dirigeantes mondiales ont besoin. Il doit sans doute être considéré comme un larbin planétaire. Mais au-dessous de cela parmi les 99% qui restent, l’analyse en terme de revenus montre une certaine stabilité des inégalités – pour une fois, j’ai repris sans critiquer les analyses de l’INSEE. Le décrochage des 10% supérieurs que nous pouvons observer dans les pays anglo-américains n’a absolument pas lieu en France.

La télévision est devenue folle, ou de type soviétique

Le problème central, qui là est nié par l’INSEE à travers ses indices de prix qui ne tiennent pas assez compte du coût du logement, c’est qu’en fait la France est engagée dans une période de baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat, depuis 2007 au moins mais probablement depuis 2000. Les gens le ressentent, comme l’expriment les sondages. Le rejet de la réforme à points universelle le prouve. Les gens craignent l’organisation de leur appauvrissement futur. Mais il n’y a pas que des données économiques pour mesurer ce phénomène. J’ai observé les premiers mini-mouvements de hausse de la mortalité infantile, le ralentissement de la mobilité géographique, la chute de la fécondité qui finit par toucher toutes les catégories sociales. Les indicateurs démographiques sont généralement plus fiables que les indicateurs économiques purs. J’ai passé beaucoup de temps sur la recherche des données et l’interprétation. Ce qui m’a frappé, c’est la montée de l’homogénéité de la France. La chute de la fécondité touche toute la société. De même pour la chute programmée du niveau éducatif. Elle touche les enfants de cadres supérieurs presque autant que les enfants d’ouvriers.

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Après la lecture de Todd : de quelles luttes de classes parlons-nous ? (Le YetiBlog)

Je ressors de la lecture du livre d’Emmanuel Todd, Les Luttes de classes en France au XXIème siècle (Le Seuil), groggy. Il serait vain de vouloir résumer en un billet une telle somme d’intelligence dans la peinture au scalpel que fait l’auteur de notre société française d’aujourd’hui.

Lorsqu’il m’est donné de  lire d’aussi monumentaux travaux d’introspection du monde où je vis, mon réflexe est d’essayer d’en tirer les lignes de conduite pour le présent immédiat à venir. Prenons le titre d’Emmanuel Todd au mot : « les luttes des classes en France au XXIème siècle », mais comment ?

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Publié le 2 février 2020, dans Economie, France, Politique, Socialisme, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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