MADAGASCAR – La bourgeoisie merina bénéficiaire du régime colonial

Cet article est publié dans la rubrique « Les Notes du passé » du journal l’Express.

Il est toujours utile de rappeler les faits historiques pour corriger l’avenir. Il y a une vérité indiscutable: merina et côtiers sont « condamnés » à vivre, à galérer ensemble pour cette île. Il ne devra plus y avoir de place aux dissensions, aux ségrégations, jetons aux orties toutes idées de division.

Enfin, le salut de Madagasikara ne passe point par le retour à la monarchie comme certains illuminés et vieux nostalgiques le prétendent, ce serait une inimaginable régression au siècle actuel.

TG

 

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La bourgeoisie merina bénéficiaire du régime colonial

Pasteur Ravelojaona

La notion, le concept de l’Indépen­dance sont assez nuancés pour les nationalistes malgaches, et même leurs méthodes d’y arriver divergent. Soit ils veulent l’arracher par la force, soit en utilisant les structures coloniales pour prendre progressivement la place des administrateurs et responsables français, soit en se basant sur la Charte de San Francisco.
Les membres du Parti démocratique de Madagascar (PDM), eux, veulent recouvrer la souveraineté nationale en restaurant l’ancienne monarchie merina, « avec son cortège d’inégalités» (Lucile Rabearimanana, étude sur « Un grand journal d’opinion malgache, ny Fandrosoam-baovao », lire précédentes Notes). L’attitude des descendants de l’oligarchie merina, surtout avant la Seconde guerre mondiale, le laisse à penser : « Le contenu même de leurs organes de presse, montre bien qu’ils sont encore attachés à leurs anciens titres et privilèges.»

Officiellement toutefois, Ny  Fandrosoam-baovao  se défend avec énergie de telles assertions. Pour le PDM comme pour le Mouve­ment démocratique de la rénovation malgache (MDRM), l’indépendance réclamée ne signifie guère
« le renvoi des Français du pays, ni l’abandon de la civilisation française.» Ce qui, selon l’historienne, est réel car son organe de presse est « le porte-parole de couches sociales tananariviennes qui, en fin de compte, ont bénéficié de la colonisation française ».
C’est ce milieu de la bourgeoisie de la capitale qui fournit la majeure partie des cadres autochtones de l’Administration coloniale. Dès le XIXe siècle, grâce aux missions protestantes anglaises, elle reçoit une éducation et une formation intellectuelle à l’occidental. La politique coloniale de l’enseignement ne fait que confirmer cette avance acquise par les habitants d’Antananarivo, du fait que « jusqu’après la Seconde guerre mondiale, les lycéens du pays se trouvent dans la capitale ». C’est aussi là que s’établit, en 1945, un « embryon d’université ».

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Publié le 10 mars 2018, dans AFRIQUE, colonisation, Madagasikara - Crise, Madagasikara - Histoire, Océan Indien, Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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