MADAGASCAR – Armée, Gendarmerie, Police nationale : Des « Forces » au service des politiques

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Les opérations menées depuis la semaine dernière par l’Emmoreg Analamanga vont certainement alimenter les débats concernant les missions des forces armées. Bien malgré le verdict du tribunal administratif qui a donné gain de cause au parti « Tiako i Madagasikara » suite à sa requête aux fins de sursis à exécution de la décision de la Préfecture de Police n°194-MID/PREF POL/AG du 3 juillet 2017 portant annulation de l’organisation de la manifestation au stade de Mahamasina prévue dans le cadre de la célébration de son 15è anniversaire, l’Emmoreg a maintenu les mesures visant à interdire la manif. Et ce, suite à l’Arrêté préfectoral n°25/2017-MID/PREF POL/AG portant interdiction de manifester dans l’enceinte et aux alentours du stade de Mahamasina et dans tous les Districts d’Antananarivo Renivohitra. Le Général Ravelonarivo Angelo ayant fait fi de la décision du tribunal administratif, la réquisition des forces de l’ordre est donc maintenue. Une initiative que bon nombre d’observateurs considèrent comme contraire à l’Etat de droit. Après une fête d’anniversaire dans les troubles et sous les bombes lacrymogènes, l’ancien président Marc Ravalomanana a annoncé qu’il portera plainte contre l’Etat. Quoiqu’il en soit, cet évènement remet en cause l’indépendance et le professionnalisme des forces armées. D’autant plus que depuis le début de cette Quatrième République, aucune entité politique ou apolitique n’a obtenu une autorisation de manifester, à l’exception des partisans du « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara » qui ont pu tenir des meetings et des carnavals à Fianarantsoa, à Toliara et à Toamasina.

La politisation

https://i1.wp.com/www.midi-madagasikara.mg/wp-content/uploads/2017/07/GRENADE-300x300.gifPar essence, les Forces Armées sont définies comme l’ensemble des différentes organisations et moyens militaires qu’un État consacre à la mise en œuvre de sa politique de défense. L’implication des Forces Armées dans les différentes crises politiques de ces dernières années est évidente et vérifiable dans divers pays du monde, particulièrement au niveau du Continent africain où l’instabilité politique est courante. Si les Forces Armées sont créées pour protéger la société, pour servir et pour défendre la population, la réalité est toute autre dans le Continent africain. En théorie, il devrait y avoir une division claire et nette des responsabilités entre les questions politiques et les questions militaires. A Madagascar et dans de nombreux autres États africains, la démocratisation ou la consolidation de réformes politiques sont toujours fortement entravées par l’ingérence indirecte mais régulière des Forces Armées dans les affaires politiques et économiques d’où la militarisation de l’Etat et encore la politisation de l’Armée.

Troubles. Pour le cas malgache, les Forces Armées sont toujours mêlées aux troubles sociopolitiques et participent au processus de construction de l’État depuis 1972. Selon les textes, la tâche de l’Armée est plutôt focalisée sur la Défense Opérationnelle du Territoire (DOT). Du côté de la Gendarmerie Nationale, elle est chargée de veiller à l’exécution des lois et règlements de tous ordres. La coopération des Forces Armées avec la Police Nationale dans le cadre du maintien de l’ordre est définie par le Décret N°84-056 portant création de l’Organisation Mixte de Conception (OMC) du 08 février 1984.

Chef suprême. Les problèmes constatés de l’Armée malgache peuvent non seulement être liés à la mauvaise compréhension par la population de sa véritable tâche classique, mais aussi aux dispositions de l’article 56, alinéa premier de la Constitution de la Quatrième République qui présente le Président de la République comme le Chef Suprême des Forces Armées. Créée avec l’indépendance, plus précisément le 13 mai 1960, l’Armée malgache avait reçu ses premières couleurs le 26 juin 1960 à Mahamasina. Elle est véritablement rentrée dans l’arène politique malgache dans les années 1972, avec le déclin du régime du président Philibert TSIRANANA. Constatant que la situation lui échappait, le Chef de l’Etat confia le pouvoir au Général RAMANANTSOA le 18 mai 1972. En effet, que ce soit durant la Deuxième République ou après, l’appareil étatique malgache avait toujours accueilli en son sein des dignitaires de la Grande Muette.

Echecs. La Démocratie, qui consacre le principe de subordination de l’autorité militaire à l’autorité civile, veut que l’Armée se cantonne à ses nobles tâches. Il ne faut cependant pas oublier la grande part de responsabilité des autorités civiles qui ont soudoyé les principaux décideurs militaires avec des postes politiques afin de protéger leurs places. Il est ainsi possible que le Chef Suprême des Forces Armées ignore la valeur de l’Armée comme Institution et l’utilise à mauvais escient. Force est donc de constater que les échecs rencontrés par l’Institution militaire malgache dans l’accomplissement de son rôle et de sa mission sont en partie liés à la militarisation de l’Etat et à cette politisation de l’Armée. Les élus utilisent les Forces Armées pour rester au pouvoir compte tenu de leur puissance dans la société. Cette prédominance de l’Armée se traduit par sa disposition à faire usage de la force.

Source : « Rôles et missions des Forces armées dans une démocratie naissante, le cas de Madagascar » (Mampionona Arizay Victorien Rabearisoa ; Friedrich Ebert Stiftung)

Les cadres d’emploi des Forces Armées. De par leur vocation et leur organisation, les Forces Armées sont appelées à intervenir dans les domaines suivants :

Défense opérationnelle du territoire (DOT). La défense militaire constitue « l’Ultima ratio » le dernier recours face à l’agression, armée ou non, d’un adversaire venant de l’intérieur ou de l’extérieur. Domaine privilégié des Forces Armées, elle recouvre des actions permanentes de protection

visant à défendre les intérêts vitaux de la nation et à préserver l’intégrité du territoire.

Sécurité intérieure (SI) : Il s’agit alors de ramener le niveau de sécurité à un seuil tolérable, et créer par là des conditions propices aux activités de développement. Ces actions devraient aboutir à terme à la sécurité des institutions, des personnes et des biens et des activités de production, notamment en milieu rural. L’optimisation de l’action des Forces Armées passe normalement par leur désengagement des tâches

relatives aux zones urbaines, habituellement dévolues à la Police. La mise en place et la consolidation de la démocratie découlent de la présence de Forces Armées structurées, professionnelles respectant les valeurs républicaines et soumises aux autorités civiles.

Les Missions de l’Armée malagasy :

-Soutenir la population en cas de catastrophes (cyclones, inondations, catastrophes naturelles) ;

-Défendre le pays contre toute attaque extérieure (Piraterie, menaces extérieures) ;

-Assurer la sécurité dans les zones les plus reculées du pays (DAS) ;

-Déployer ses forces pour les opérations internationales de maintien de la paix et les opérations de coopération avec les forces extérieures.

Missions de la Gendarmerie. Etant partie intégrante des forces armées, la Gendarmerie Nationale a pour mission de défense du territoire. Cette mission consiste à:

  • Participer activement  à la défense nationale
  • Assurer la sécurité et l’intégrité du territoire en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression.
  • Garantir vie de la population en développant la capacité matérielle, intellectuelle et morale de résistance
  • NB : Renseignements et première intervention

En tant que force de police, elle a l’obligation d’assurer l’ordre public, la sécurité, la tranquillité publique et la paix sociale. La mission de police est caractérisé par:

  • la police administrative
  • la police judiciaire
  • la police militaire

Missions diverses

  • Concours aux différents ministères et grandes administrations sur application de la réglementation, exécution d’enquête, recherche et diffusion des renseignements (Douanes, Bianco, Pêches, Mines, Eaux et Forêts)
  • Action éducative et préventive des personnes (SIDA, Exploitation des enfants, environnement…)

 

MISSIONS DE LA POLICE NATIONALE

– assure le contrôle hiérarchique et fonctionnel de l’administration de la Police Nationale et veille à la conformité de ses activités aux Lois et Règlements ainsi qu’aux directives arrêtées par le Gouvernement ;
– Informe le Gouvernement dans les domaines politique, social, culturel et économique, nationaux et Internationaux ;
– exécute les missions de police administrative et de police judiciaire et économique, particulièrement en matière de lutte contre la corruption et contre la grande délinquance financière ;
– assure à la surveillance du territoire et des frontières par le contrôle de l’immigration et de l’émigration ainsi que celui de la circulation transfrontière des personnes et des biens prohibés ou réglementés ;
– exerce le contrôle de l’armement et de tous les matériels, engins et substances pouvant constituer une menace ou présentant un danger pour l’ordre et la sécurité publique ;
– assure le contrôle des entreprises et organismes privés exerçant des activités touchant à la sécurité publique ;
– participe à la lutte contre la criminalité Internationale sous toutes ses formes, en relation avec les institutions ou organismes régionaux et/ou internationaux ;
– collabore avec les autres départements ministériels, les organismes et groupements sociaux à l’éducation des citoyens pour le respect des Lois et Règlements, au civisme, à la prévention de la délinquance, à la protection de l’environnement ainsi qu’à la défense et à la protection civile.

OBJECTIFS

– respect de la Constitution et de la protection des Institutions de la République ;
– garantie du libre exercice des libertés constitutionnelles collectives et individuelles ;
– respect de l’application des Lois et Règlements ;
– sauvegarde de la souveraineté nationale et de l’intégrité du territoire ;
– protection des personnes et des biens ;
– maintien de l’ordre Intérieur et de la protection des intérêts nationaux en général ;
– relations internationales en matière de lutte contre la criminalité transfrontalière de – droit commun sous toutes ses formes ;
– bon fonctionnement de l’ensemble de son Département avec le souci constant de l’efficacité et de l’efficience au profit de l’intérêt général.

http://www.midi-madagasikara.mg/dossiers/2017/07/10/armee-gendarmerie-police-nationale-des-forces-au-service-des-politiques/

 

 

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Publié le 11 juillet 2017, dans AFRIQUE, Madagascar, Madagasikara - Crise, Politique, Uncategorized, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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