Barkhane : chronique d’un naufrage annoncé

par Raphaël Granvaud

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Les déclarations martiales du nouveau président ne suffiront pas à masquer l’échec annoncé de la « guerre contre le terrorisme » de la France en Afrique.

Macron candidat l’avait annoncé : « Dans la politique étrangère que je conduirai, je veillerai à dé­fendre partout les intérêts stratégiques de la France, et en priorité la sécurité des Fran­çais. A cet égard, en Afrique, je mènerai une action déterminée (…) contre le terro­risme et les trafics qui menacent la stabilité de plusieurs pays. » ( JeuneAfrique.com, 14/04) Plaçant délibérément les premiers pas de son quinquennat sous le signe du mi­litarisme, Macron président en a remis une couche à l’occasion de son voyage aux forces françaises au Mali : «  l’opération Bar­khane ne s’arrêtera que le jour où il n’y aura plus de terroristes islamistes dans la région », a­-t­-il assuré (AFP, 19/05). « Avec une telle annonce, on signe un bail de cent ans pour Barkhane ! », ironise l’ancien di­plomate Laurent Bigot ( Journal du Mali, 25/05)

Tableau de chasse

Depuis le lancement de l’opération en août 2014, les militaires français multiplient les opérations de « grande ampleur » à l’en­contre des « groupes armés terroristes » (GAT) qui sévissent dans la zone sahélo­-sa­harienne. Ces dernières semaines, plusieurs dizaines de leurs combattants ont été « neu­tralisés » au Mali, à grand renfort d’avions de chasse. Mais en dépit des « scores » affichés par l’armée française, la situation sécuritaire du Mali reste catastrophique et ne cesse d’empirer. Certes, depuis l’opération Serval, les groupes djihadistes n’administrent plus le nord du pays, mais ils se sont recomposés et restent omniprésents. Leur pouvoir de nuisance s’est même étendu au centre du pays et aux frontières du Burkina et du Ni­ger, contraignant les militaires français à ré­ orienter leur action dans ces zones. En mars dernier, les chefs militaires d’Aqmi, des Bri­gades du Macina et d’Al­Mourabitoune an­ nonçaient par vidéo leur fusion sous la houlette de Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Ed­dine, dans un nouveau mouvement baptisé « Groupe de soutien à l’islam et aux musul­mans ». La Minusma que la force française est censée seconder (en réalité c’est l’in­verse), pourtant forte de presque 14 000 hommes, consacre l’essentiel de ses moyens à se protéger elle-­même plutôt que les po­pulations civiles. Entre les mines, les at­taques kamikazes, les embuscades et les tirs de mortiers sur ses campements militaires, elle reste la mission la plus dangereuse des Nations unies avec 118 casques bleus tués depuis 2013, sans compter les victimes au sein des forces maliennes et françaises.

Des critiques de plus en plus nombreuses

Fait nouveau, depuis quelque temps, la presse française s’est montrée un peu plus critique à l’égard des résultats de la « guerre contre le terrorisme » menée par la France, sans doute lassée du « story telling » de l’an­cien ministre de la Défense, et nouveau lo­cataire du Quai d’Orsay, pour lequel la situation n’en finit pas de s’améliorer.

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Publié le 3 juillet 2017, dans AFRIQUE, Droits humains, Françafrique, France, Géopolitique, Guerre, Mali, Néo-colonialisme, Terrorisme, Uncategorized, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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