Macron ou la fin du système des partis? (Le Soir)

Pour le sociologue Jean-Claude Paye, il ne faut pas s’y tromper : la prise de distance du candidat « En marche » vis-à-vis des partis constitués ne fait pas de lui un candidat anti-système.

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La déclaration d’Emmanuel Macron, se présentant comme un candidat « anti-système », a surpris les Français, car il avait été nommé secrétaire général adjoint auprès du président Hollande en 2012, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II en 2014. Il n’a d’ailleurs démissionné de cette dernière fonction que pour avoir les mains libres, afin de se présenter à l’élection présidentielle. Cette auto-désignation du candidat, nous dit cependant quelque chose d’important sur l’évolution de la structure politique de la France. Qu’Emmanuel Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance, vis-à-vis des partis constitués, ne fait pas de lui un candidat anti-système, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis nationaux, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales.

L’aboutissement d’un processus.

Le positionnement du candidat Macron s’inscrit dans une tendance forte, particulièrement visible au sein du parti socialiste Français, celle de l’auto-implosion. Sa candidature posée en dehors du parti socialiste n’est que le dernier avatar d’une série d’événements qui montrent une volonté interne de liquidation du parti. François Hollande ne disait-il pas en 2015 : « Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri. Il faut liquider le PS pour créer le parti du Progrès ». Le premier ministre Manuel Valls s’est également présenté comme partisan d’un « front républicain », pour une fusion des listes électorales au niveau des primaires dans les circonscriptions ou le front national risquerait de l’emporter. On ne peut donc être étonné de sa dernière déclaration selon laquelle il voterait Emmanuel Macron, pour barrer la route à l’extrême droite.

Cette tendance à l’effacement du système des partis, particulièrement explicite en ce qui concerne le PS, se vérifie aussi au niveau du parti républicain, même si le processus de décomposition est moins avancé et a dû faire l’objet d’une aide extérieure par le biais de l’opportune affaire Fillon. Cependant, le processus était déjà bien engagé, comme nous le montre le système des « primaires ».

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Publié le 20 avril 2017, dans Capitalisme, France, Médiamensonges, Politique, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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