Aucun président ne peut résister à la finance internationale. Liliane Held-Khawam (Planète360)

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Le Système financiarisé est au-dessus des Etats et de ses représentants.

Des ambassadeurs de Wall Street sont pressentis pour venir étoffer l’équipe du nouveau président américain. Rien n’est encore fait  et il faudra attendre pour être fixé.

M Trump a dénoncé le système de Wall Street.

M trump a dénoncé le libre-échange.

M Trump a fait des promesses aux travailleurs.

M Trump a su dire aux gens ce qu’ils voulaient entendre.

Les électeurs l’ont cru et l’ont tout naturellement élu.

Les électeurs cherchent un Sauveur. Ils sont à l’affût des indicateurs qui les rassureraient quant à leur avenir professionnel, financier et sociétal.

C’est légitime, mais impossible! En tout cas tant que l’on n’a pas réanimé les Etats et l’autorité qui normalement va avec.

Or, il faut se rendre à l’évidence. Aujourd’hui, c’est le marché qui fait son choix. Un candidat qui se présente à des élections de plus en plus coûteuses ne peut apporter un changement quelconque. C’est juste impossible. Pourquoi? Parce que le financement de la campagne ne provient pas des cotisations  des membres devenues largement insuffisantes. Non les sommes gigantesques nécessaires aux campagnes électorales sont fournies par le Système financier international. Et sans états d’âme, il arrose à droite comme à gauche, les Noirs comme les Blancs, les Chrétiens de tous bords, les Juifs, les Musulmans, les Athées, les Bouddhistes et j’en oublie.

Le Système est apatride, apolitique, areligieux, asocial et « aracial » ne reconnaît que l’argent, la performance, le phagocytage, le succès, la privatisation,… Il choisira le candidat qui convient à l’instant T. Tout le reste lui est parfaitement inutile… Vous compris.

La gouvernance politique du 21ème siècle se fait par la finance, avec la finance et pour la finance.

Ce Système qui met en place le nouveau monde n’a que faire de présidents, premiers ministres et autres convenances « républicaines ». Celles-ci sont d’ores et déjà dépassées. il fait des petits confettis des lois constitutionnelles et les remplace par des contrats  de libre-échange qui sont de nature commerciale. Une fois signés, ceux-ci  ficèlent et livrent les territoires et les humains qui les habitent au monde du business.

Vos élus ont tellement financiarisé tous les aspects de votre monde qu’il vous est devenu impossible de vivre sans le marché financier. Et si votre élu venait à se rebeller, il suffirait alors de fermer le robinet des liquidités que son prédécesseur aura pensé à sous-traiter à ces mêmes financiers. Et voilà que d’un simple geste  votre vie vire au cauchemar. Celle de votre élu aussi!

Pas besoin de char, pas besoin d’armes, vous êtes déjà en situation d’occupation ou de colonisation. A choix. Le résultat est implacable.  C’est comme ça.

Ce qui est décrit ci-dessus a été testé par les Grecs. Ils ont voté pour un représentant de l’ »extrême-gauche » qui disait-on inquiétait grandement Bruxelles. Or, le plan de « réformes » que M Tsipras a présenté à la Troïka la veille du référendum ferait pâlir d’envie et d’admiration les réformistes ultralibéraux bloqués par certains peuples vigilants.

Je peux vous garantir ici que le Système s’est largement affranchi des républiques -législations nationales comprises- et que les élections servent à ce stade à canaliser les aigreurs et autres colères populaires. Un show-défouloir en quelque sorte.

Quant à M Trump, il est le président idéal du marché financier. Le groupe qu’il détient a besoin de se financer. Pensez-vous qu’il peut prendre le moindre risque de  déplaire à ses créanciers? A moins d’être suicidaire, la réponse est non! Regardez dans l’annexe 1 l’état d’endettement de ses compagnies

Par ailleurs, les graphiques de l’annexe 2 ci-dessous montrent la satisfaction des marchés.

Nous venons aussi d’apprendre que M Trump va permettre aux entreprises transnationales américaines (souvenez-vous des sommes colossales parquées hors du sol américain) qui ont stocké leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, et qui ne pouvaient les réinvestir, d’en rapatrier une partie. Il se dit même  (cf article ci-dessous) que 200 milliards de dollars de cash risqueraient de revenir aux Etats-Unis, dès 2017, grâce à la politique fiscale que l’administration de D Trump va mettre en place.

«Nous nous attendons à ce que la loi de réforme fiscale sous l’administration Trump encouragera les entreprises à rapatrier 200 milliards de dollars de liquidités outre-mer l’année prochaine», a déclaré David Kostin, responsable  U.S. equity strategist chez Goldman Sachs. (Goldman Sachs: Trump to Bring $200 Billion in Share Buybacks)

Cet argent servira en bonne partie au rachat d’actions et contribuera donc à booster les capitalisations boursières sans grands efforts… Tout bénèf donc pour le Casino.

Vous avez l’impression de ne pas trop compter dans la politique que mettent en place vos élus? Vous avez raison. La démocratie avec un peuple souverain, c’est has been. Le présent et l’avenir, c’est un marché financier souverain.

Liliane Held-Khawam

Suivent 3 annexes :

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Publié le 29 novembre 2016, dans Capitalisme, Droits humains, Economie, Finances, Occident, Politique, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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