Le Journal de l’Afrique 24: le vaudeville de Libreville

Olivier Ndenkop et Carlos Siélenou
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D’après les résultats officiels de la présidentielle gabonaise du 27 août dernier, le président sortant, Ali Bongo a gagné avec 49,8% des voix contre 48,2% pour son principal challenger, Jean Ping. Ce dernier et ses relais internationaux ont fortement contesté ces résultats ; criant au hold-up.

Au Gabon, pays où la Françafrique a soutenu les tripatouillages électoraux pendant des décennies pour maintenir la famille Bongo au pouvoir afin de s’assurer le pillage de l’or noir par Elf puis Total et consorts, tout est possible. Suivant les pas du père et l’expérience aidant, le fils Bongo n’aurait pas manqué d’expertise pour truquer les résultats de la présidentielle au cas où ces derniers étaient à sa défaveur.

En attendant les éventuelles preuves de cette défaite arguée, il importe déjà de savoir pourquoi Ali, ce fils à papa est devenu l’ennemi numéro 1 des mêmes réseaux qui autrefois l’ont soutenu sans réserve. Que s’est-il passé ?

Il n’est pas superflu de rappeler quelques décisions prises par Ali Bongo depuis son arrivée à la tête du Gabon. Le 15 Mai 2010, le nouveau président a interdit l’exportation des grumes de bois de chauffage. Suivant les conseils de son Directeur de cabinet Maixent Accrombessi, Ali Bongo a « osé » adresser un avis de redressement fiscal de 1.000 milliards de francs CFA à la multinationale française Total…

Autant d’actes qui peuvent brouiller les relations entre Paris et Libreville. Pour la Françafrique, il faut éjecter Ali qui donne déjà les velléités d’émancipation. La stratégie des impérialistes était simple. Disqualifier le président sortant en lui déniant la nationalité. Ce travail a été sous-traité à Pierre Péan. Le journaliste de 78 ans a publié Nouvelles affaires africaines, Mensonges et pillages au Gabon pour contester la « Gabonité » du candidat Ali Bongo qui ne serait pas Gabonais, mais Nigérian.

Jean Ping qui fut président de la Commission de l’Union africaine (2008-2012) et ses partisans ont repris ce discours xénophobe. Voilà un ex-président de la Commission de l’Union africaine qui refuse à un Africain le droit de diriger un pays africain ! Et l’ancien président de la Commission de l’UA qui s’était prononcé contre le recomptage des voix à l’issue de la présidentielle ivoirienne se dédie aujourd’hui et exige un recomptage au Gabon. L’auteur de Eclipse sur l’Afrique. Fallait-il tuer Kadhafi ? (2014), appelle la France à l’aider à prendre le pouvoir au Gabon. Pourtant, dans son livre cité plus haut, il fustige vertement l’ « interventionnisme néocolonial » de l’Occident qui en Afrique, s’engage à « mener, par devant et par procuration, les hostilités, sous le manteau de la légitimité onusienne et sous le parapluie militaire de l’Amérique et de l’OTAN »!

Le vaudeville de Libreville est avant tout une lutte françafricaine pour le contrôle et l’exploitation inique des ressources gabonaises.

Source: http://www.investigaction.net/le-journal-de-lafrique-24-le-vaudeville-de-libreville/#sthash.goUIwIso.dpuf

Publié le 11 septembre 2016, dans AFRIQUE, Françafrique, Médiamensonges, Néo-colonialisme, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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