MADAGASCAR – Conditions de vie des pauvres: Pires que celles de certains animaux domestiques (LGdGI)

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Le Madagascar que je vais évoquer à travers l’une des conditions de vie délabrée de la majorité des familles malgaches n’est pas celui qui va recevoir bientôt le sommet de la Francophonie, ni celui dont Ban Ki-Moon et Michaëlle Jean voyaient lors de leur bref passage au pays, ni non plus « celui qu’on enseignait à l’école et celui des quartiers huppés (Tana Water Front, LaCity Ivandry, etc.), mais d’un autre pays spolié, assujetti (par la misère), muselé (par la faim) et qui ruminait ses colères comme un aliment avarié… » Bref, le Madagascar des quartiers pauvres, «des fractures ouvertes et des terres brûlées, des souffre-douleur et des portefaix, un pays qu’il restait à redéfinir et où tous les paradoxes du monde semblaient avoir choisi de vivre en rentiers» (Kadhra) où « il n’y a pas d’espoir dans ses rues sans trottoirs. Dans ce labyrinthe sans issue, il y a juste des rats. Et la police parfois… » (Azzedine).

Le voici donc le Madagascar que je connais.

Accroupi devant un seau rempli de restes de nourritures rassemblées d’ici et là, s’apprêtant à nourrir ses deux cochons, Rakoto(anaram-bosotra ou pseudo), 40 ans,  le regard sans cesse aux abois, avait accepté sans complexe de nous  livrer un récit de vie pathétique, déplorable, frustrant et j’en passe, plein « d’interminables enfilades de déconvenues. » L’entretien se déroulait  dans une vieille bicoque en bois, composée d’une seule pièce, nue et sans fenêtre qui lui servait de maisonnette…Partagée avec les deux cochons, son épouse, ses 08 enfants et un petit enfant, la pièce, à peine plus large qu’une tombe d’un riche, meublée d’un lit, d’une petite table, de deux chaises, d’un petit poste téléviseur en Noir et Blanc, de deux marmites et de quelques rares vaisselles, sent, au propre mais pas au figuré, le pipi et les crottes de cochons, « la volaille crevée et le vomi ».

Par ailleurs, dans cet espace restreint, l’air est en outre excessivement pollué par la fumée des bois morts qui leur servaient de combustible pour la cuisson, l’odeur vétuste des murs noirâtres qui se tient debout par miracle, suintant d’humidité et d’épaisses couches de fientes, de la saleté extrême de leurs vêtements et couvertures où les insectes domestiques comme les fourmis, les mouches, les cafards se ruent de tous côtés.

A l’extérieur de ce décor, la condition environnementale est loin d’être convenable pour n’importe quel être humain. Entouré de flaques d’eaux boueuses, des ordures de tous genres (restes de nourritures, crottes de cochons, de rats, sachets plastiques, etc.), accentué par la proximité des toilettes défectueuses et excessivement nauséabondes, l’air dégage une pestilentielle indescriptible, prédisposant sans l’ombre d’un doute aux maladies diarrhéiques, du péril fécal, pulmonaires, et tout à l’avenant.

Il est charpentier et travaille pour son propre compte. « Je n’ai pas étudié ce métier dans une école. Je l’ai hérité de mon père. J’ai exercé depuis plusieurs années. Disons que je ne sais rien d’autre que ça. Au début, quand mon père était décédé et que j’ai pris la relève, je gagnais quand même assez bien ma vie. Mais maintenant, les clients se raréfient… » Ainsi, poursuit-il, « j’arrive à peine à nourrir ma famille…déjà les enfants ne vont plus à l’école… «  Il y a donc des moments, « quand je n’ai pas du tout de travail de charpenterie à faire, je suis obligé de transporter de l’eau, moyennant 150 à 200 Ariary par bidon de 20 litres, sinon mes enfants n’auront rien à manger ».

« En réalité, concède-t-il, mon vrai problème avec mon métier est le suivant : imaginez un client me demandant  de lui faire, par exemple, une table à mangerpour 100.0000 Ariary dans un délai de 2 à 3 semaines maximum.Pour s’assurer d’une part que le client va revenir puisqu’il n’y a pas de contrat écrit, et pour que je puisse acheter d’autre part les matières premières requises à la fabrication d’une table, je lui demande de me donner au moins les 50% de la somme fixée. Si à ce moment, nous n’avons rien à manger (ce qui est d’ailleurs toujours le cas), je suis obligé d’utiliser cet argent pour la nourriture et attendre un autre client me donner une autre avance pour pouvoir démarrer les travaux de la table à manger…et ainsi de suite. Habituellement, l’échéance préalablement fixée n’a jamais été respectée.Par conséquent, termine-t-il, les clients sont mécontents et la plupart, ne reviennent plus».

Rivo Raphaël Chreçant

Dans: http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=54302:conditions-de-vie-des-pauvres-pires-que-celles-de-certains-animaux-domestiques&catid=45&Itemid=110

 

 

 

Publié le 22 août 2016, dans AFRIQUE, Droits humains, Madagasikara - Crise, Océan Indien, Uncategorized, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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