MADAGASCAR – Regards croisés: L’inflation et… la « non » circulation de la monnaie divisionnaire (LG2GI)

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Regards croisés témoigne de la difficulté des échanges sur les marchés de biens et services, difficulté à rendre la monnaie aux clients ou aux usagers quand le montant de la transaction n’est pas un multiple de cent Ariary. La monnaie divisionnaire ne circule pas, elle est insuffisance… elle est inexistante !

Dans la réalité quotidienne, trois solutions sont devenues « monnaie courante » ; les commerces ont effet fait le choix soit :

– de faire un rendu en bonbons ou sucreries en tout genre,

– de remettre un bout de papier avec l’inscription de l’équivalent de la monnaie à rendre (pour les WC publics l’inscription est 50 Ariary) et dans ce cas nous sommes face à une émission de «quasi monnaie », un « ticket » qui joue le rôle de la monnaie émise par la Banque Centrale,

– de ne pas rendre la monnaie en prétextant la pénurie en petite monnaie. Ce comportement engendre un facteur d’inflation qui s’additionne aux facteurs classiques tels que l’augmentation des coûts, l’instabilité des taux de change etc…

L’illustration sera faite avec le tarif du ticket de taxi-be : à supposer que le ticket est porté à 435 Ariary contre 400 Ariary, suite à la hausse du prix de l’essence. Dans le contexte de pénurie de la monnaie divisionnaire, le receveur du taxi-be se trouvera dans l’impossibilité de rendre la monnaie avec vingt passagers à son bord. On voit aisément que le seul tarif envisageable est de 500 Ariary. Des centaines d’autres biens et services peuvent être énumérés en illustration, des biens et des services utilisés par les plus démunis, les pauvres qui constituent plus de 90% de la population malgache.

Il ressort une conclusion essentielle : les prix sont fixés systématiquement dans le sens de l’augmentation et par ailleurs le mécanisme des prix est faussé par l’introduction d’une composante uniquement justifiée pour des raisons de commodité pratique.

Il résulte une diminution supplémentaire des revenus réels et donc des pouvoirs d’achat, pourtant déjà très faibles pour 90% de la population.

Si cette pénurie de petite monnaie devait à persister, il est hautement probable que l’on assisterait à une aggravation de la pauvreté, pauvreté caractérisée :

dans le domaine de la santé :

– par l’augmentation des pathologies liées à la malnutrition. Face à la réduction de leur pouvoir d’achat les pauvres, qui déjà consacrent la plus grande partie de leurs revenus à l’alimentation, sont amenés à modifier leurs achats en consommant moins chers des produits le plus souvent moins nutritifs et à supprimer un repas comme le dîner ou le déjeuner.

– par l’augmentation des maladies liées aux mauvaises conditions de vie et à l’impossibilité d’accéder aux soins médicaux appropriés pour insuffisance de moyens financiers.

– par l’augmentation des taux de mortalité infantile et adulte

dans le domaine de l’éducation :

parle faible niveau des résultats scolaires dans l’enseignement primaire, résultant d’ :

– un environnement scolaire défavorable (infrastructure en mauvais état, insuffisance de matériel pédagogique, classes surchargées, élèves sous alimentés et en mauvaise santé, etc…

– une augmentation des taux d’abandon corollaire à une diminution des taux de scolarisation. Pour pourvoir aux besoins de la famille, les jeunes sont souvent obligés de travailler au détriment de l’école. Le coût immédiat   d’un enfant à l’école est trop lourd pour peser favorablement face aux avantages futurs attendus de l’éducation qui ne sont d’ailleurs plus probants (chômage, sous-emploi… etc.).

La solution qui parait évidente et qui permettrait de faire face à tout moment et en tout point du territoire aux besoins en monnaie consisterait à remplacer les pièces actuelles par des petites coupures de 1 Ariary, 2 Ariary, 5 Ariary, 10 Ariary, 20 Ariary, 50 Ariary plus confortables dans l’échange. Aujourd’hui, les pièces sont à tel point dépréciées qu’elles sont refusées même pour une aumône.

Cette mesure d’émission de billet présenterait les avantages suivants :

– elle serait facile à mettre en œuvre puisqu’elle rentre dans le cadre des activités normales de la Banque Centrale qui assure par ailleurs la répartition des coupures sur l’ensemble du Territoire. Le rapport coût-efficacité serait bon puisque toucherait facilement tous les usagers et particulièrement l’ensemble des pauvres.

– elle n’aurait aucune incidence sur les finances publiques.

– elle accompagnerait les projets de lutte contre la pauvreté mis en œuvre par les Pouvoirs publics, les Bailleurs de fonds et les ONG.

– elle devrait permettre de moduler dans le sens de la modération l’augmentation inéluctable des prix, de mettre un frein à la détérioration du pouvoir d’achat des pauvres par le simple fait de la disparition des problèmes liés à l’insuffisance de la petite monnaie.

– elle supprimerait les problèmes liés à l’émission de la petite monnaie.

– elle soulagerait une catégorie de la population dans leur pouvoir d’achat.

Recueillies par Nancy Razanatseheno

http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=54376:regards-croises-l-inflation-et-la-non-circulation-de-la-monnaie-divisionnaire&catid=41&Itemid=108

 

 

 

 

 

Publié le 19 juillet 2016, dans AFRIQUE, Economie, Madagasikara - Crise, Océan Indien, Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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