L’ouverture du salon des métiers et de la formation a vu une affluence de jeunes en quête de leur premier emploi. La demande surpasse l’offre.

Un phénomène de file d’attente. Cette description du chômage par Robert Salais illustre très bien le monde du travail à Madagascar. Très tôt le matin, des jeunes en quête d’emploi  se sont rués au salon des métiers et de  la formation, hier et ce n’en serait autrement aujourd’hui au Carlton Anosy. Des jeunes diplômées comme Ginah Ratovonarivo ou Anjara Koloina Andriamiarisoa, espèrent bien décrocher un travail à l’issue  de ce salon. Et pour cause : le chômage.
En général, le chômage serait dû à « un manque d’expérience étant donné que les sociétés n’embauchent pas de débutant », selon Ralaiarison Zo Hasina, étudiant en ingénierie pétrolier. Le directeur des ressources humaines de la BNI, Mamy Rakotobe,  réplique que « l’expérience n’est pas forcement exigée dans le profil du candidat voulant postuler, vu que les sociétés dispensent toujours des formations aux nouveaux recrutés ». Une raison à ne pas écarter est l’augmentation de la population active pour une insertion professionnelle très difficile.

Sous emploi
« Il n’est pas question de chômage à Madagascar, c’est souvent une question de sous emploi ou d’emploi inadéquat », d’après les explications du ministre de l’Économie et de la planification, Herilanto Raveloharison. Effectivement, selon le rapport de l’Instat, « 42,5% des travailleurs exécutent des travaux qui ne correspondent pas à leurs diplômes », alors que 400 000 à 500 000 jeunes diplômés débarquent chaque année sur le marché de travail. Selon encore le Ministre de l’économie et de la planification, « les questions à traiter maintenant sont la valorisation du capital humain et l’amélioration des cadres des affaires ».
D’après le secrétaire général du ministère de l’Emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Georges Solay Rakotonirainy, « l’emploi ne peut se passer d’une formation ». Aussi, la politique nationale d’emploi et de formation professionnelle (PNEFP), dans le cadre des objectifs du Plan national développement, vient d’être adopté récemment, afin de former pour promouvoir la croissance économique, de piloter de manière partenariale l’accès de tous les Malgaches aux compétences requises par le développement durable et de former pour créer des emplois décents,  accessibles à tous et mettant en valeur les ressources naturelles du pays.

Rado Andriamampandry