France – Jeunes migrants : peu fiable, « dégradant », le test osseux dénoncé (L’Obs)

Jeunes migrants : peu fiable, "dégradant", le test osseux dénoncéImage d’illustration d’image radiographique dans un hôpital. (Eric Audras / Onoky / Photononstop)

Une pétition a été lancée pour réclamer la suppression des examens osseux pour déterminer l’âge des jeunes migrants.

C’est un point dénoncé dans un rapport du Conseil de l’Europe : l’accueil et la prise en charge des jeunes migrants en France. Dans le jargon administratif, on les appelle les mineurs isolés étrangers. 6.000 sont recensés sur le territoire.

Le collectif Réseau éducation sans frontières (RESF) a lui aussi lancé une offensive, en publiant une tribune dans « Le Monde » le 17 janvier dernier et une pétition sur son site.

Dans le viseur du collectif, les tests osseux qui permettent d’identifier l’âge de ces jeunes migrants. Un examen réalisé en mesurant leurs poignets à l’aide d’une radio de la main.

Un test jugé peu fiable

Kathia Chaumoitre, chef du service imagerie à l’Hôpital Nord de Marseille, interrogé par France Inter, juge le test physiologique « imprécis » :

C’est une estimation. On sait que les variations sont très larges. Dans une étude personnelle, sur plus de 2.500 cas, autour de 18 ans, on a des variations de plus ou moins 2 ans. »

Si le test osseux n’est censé intervenir qu’en fin de procédure, il serait en réalité pratiqué dans presque tous les cas – y compris dans les zones d’attente des aéroports.

L’avenir de milliers de jeunes migrants dépend donc du résultat de ce test :

  • S’ils sont déclarés mineurs, ils ne peuvent être soumis à une procédure d’expulsion, en vertu de la convention internationale des droits de l’enfant. Ils vont pouvoir profiter de l’aide sociale à l’enfance. Ils sont scolarisés et hébergés en foyer.
  • S’ils sont déclarés majeurs, ils doivent demander un titre de séjour pour rester en France. La plupart du temps, ils se retrouvent à la rue et sans ressources.

Le collectif RESF et le Groupe de soutien aux immigrés (Gisti) demandent son interdiction pure et simple, dénonçant des tests « dégradants » et dont « quasi unanimement les instances médicales et éthiques récusent la validité et condamnent l’utilisation à d’autres fins que médicales ». « Ainsi, dès juin 2005, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) soulignait l’inadaptation de ces méthodes’, comme l’avait fait auparavant la Défenseure des enfants », poursuit le Gisti.

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Publié le 9 juin 2016, dans Droits humains, Europe, France, Uncategorized, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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