Madagascar a des jeunes et des touristes, mais pas assez de jeunes formés aux métiers du tourisme (Le Monde Afrique)

Des élèves dans la cuisine d'application d'une école hôtelière à Madagascar.

Les mots sont encore un peu hésitants, mais le sourire est là. « Voici le zébu façon bourguignon », annonce Roseline Razafindrasoa, en déposant avec précaution l’assiette sur la table. La jeune fille de 19 ans est étudiante en première année de Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) de serveur barman à La Rizière, une école hôtelière qui surplombe la ville de Fianarantsoa, à 400 kilomètres au sud d’Antananarivo.

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Chaque année depuis septembre 2013, 90 élèves avec un niveau minimum de 3e y préparent un CAP de serveur ou de commis de cuisine en deux ans, ou alors un certificat professionnel de femme de chambre, en une année. Ils s’exercent en conditions réelles, puisque La Rizière accueille toute l’année des clients qui séjournent à l’hôtel et mangent au restaurant.

« Les professionnels ont besoin de personnel formé dans les métiers de base de l’hôtellerie-restauration », explique Olivier Boutot, le chargé de projet de La Rizière, établissement ayant bénéficié pour sa mise en place d’un financement de l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique). Le tourisme est un secteur qui recrute : environ 1 600 postes sont créés chaque année dans l’hôtellerie-restauration à Madagascar, alors que seuls 400 diplômés arrivent sur le marché du travail. Une grande partie des personnes embauchées n’a donc pas les compétences requises.

250 000 visiteurs chaque année

Madagascar accueille chaque année 250 000 visiteurs, un chiffre que le ministère du tourisme veut quadrupler d’ici 2020. Pour cela, il va falloir de nombreux nouveaux hôtels et restaurants, et plus encore d’employés bien formés pour y travailler. Et pourtant, les possibilités de se former aux métiers du service, de la cuisine ou de l’entretien ménager sont très rares sur l’île. Les établissements techniques préfèrent se spécialiser dans l’enseignement supérieur où ils peuvent exiger des frais de scolarité plus élevés. Trois autres centres seulement forment des élèves dès la fin du collège en proposant des conditions d’enseignement similaires à La Rizière. Une quinzaine d’autres établissements professionnels possédant une branche dans l’hôtellerie-restauration ont été reconnus par l’Etat, mais ils manquent de moyens et l’enseignement y est de qualité inégale, si bien que l’AFD a octroyé en janvier 2016 un nouveau financement de 500 000 euros pour moderniser la formation dans l’hôtellerie-restauration.
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Publié le 6 mai 2016, dans AFRIQUE, Economie, Education, Françafrique, Madagascar, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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