Mali : A Kidal, l’armée française au pied du mur (Mondafrique)

Les manifestations anti françaises à Kidal, fief de la rébellion touareg, montrent une armée française prise en étau entre le pouvoir malien et ses alliés traditionnels du MNLA.

Territoire ultra sensible aux confins du Sahel, le nord Mali subit une énième secousse portant coup dur aux militaires français. Après la mort de trois soldats de la force Barkhane tués le 12 avril suite à l’explosion d’une mine sous un véhicule de patrouille, une manifestation hostile à l’intervention militaire française a dégénéré, lundi 18 avril à Kidal, bastion des rebelles touaregs du MNLA.

Selon une source locale, le cortège de manifestants a pris d’assaut l’aéroport de Kidal tenu par l’armée française et la force de maintien de la paix de l’Onu (Minusma) en scandant des slogans anti français. Bilan, deux morts sous les balles des casques bleus et sept blessés graves. Les manifestations se sont poursuivies dans la journée et le lendemain, protestant contre les arrestations de civils et de membres du MNLA par Barkhane.

Le MNLA, allié historique de l’armée française

Une étincelle a mis le feu aux poudres : l’arrestation, le 12 avril, pendant plusieurs heures, de huit personnalités membres du MNLA accusés de trafic d’armes par les forces françaises. D’autres interpellations dénoncées comme arbitraires par les populations locales ont suivi, marquant un revirement dans la politique traditionnelle de l’armée française qui s’est longtemps appuyée sur le MNLA.

Informateurs sur le terrain et intermédiaires privilégié pour la négociation des otages français au Sahel, les rebelles touaregs ont, en échange de leurs services, bénéficié à leur tour du soutien de la France, notamment au moment de la crise de 2012.  Dans un article daté du 14 octobre 2013, « L’avenir du Mali suspendu à la question touareg » le quotidien le Monde rapportait ainsi que « les services français ont fourni un avion contenant 70 000 litres de carburant et fait parachuter des armes pour soutenir les troupes du MNLA après leur éviction par les djihadistes d’Al-Qaida, à l’été 2012. (…) Pendant l’offensive française, la DGSE avait même préparé des livraisons de missiles antichar Milan au MNLA, mais ne les aurait pas fournis au regard de la faible résistance des troupes djihadistes. »

A cet appui logistique s’ajoute un soutien idéologique à peine voilé. « A Paris, surtout dans les cercles militaires, de nombreuses personnalités sont convaincues que l’Etat malien ne peut continuer à exister dans sa forme actuelle » relève un universitaire.

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Publié le 20 avril 2016, dans AFRIQUE, Françafrique, France, Mali, Terrorisme, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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