Brésil -PARODIE DE DEMOCRATIE ET AUTO-CANNIBALISATION DU SYSTEME POLITIQUE

Par Christophe Ventura

Afficher l'image d'origineManifestation en soutien à Lula et Rousseff sur l’avenue Paulista à Sao Paulo, le 18 mars 2016.

Cette fois-ci, la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff est en chemin. Par 367 voix contre 137, la Chambre des députés a voté, dimanche 17 avril dans une ambiance de théâtre pathétique, en faveur de l’ouverture de la procédure d' »Impeachment » contre la présidente élue.

C’est désormais au Sénat que la bataille va se prolonger. Celle qui n’est accusée de rien en matière de corruption ( contrairement à la majorité de ceux qui l’attaquent) est désormais mise sous pression. Ses opposants ont décidé de l’éliminer pour « pédalage budgétaire », pratique utilisée par tous les gouvernements précédents et les Etats fédérés du pays.

Le Sénat dira, au plus tard le 4 mai, s’il considère l’Impeachment recevable. Et ce, par un vote à la majorité simple (41 voix sur 81). Ici aussi, la ligue des oppositions opportunistes contre le gouvernement devrait refermer contre lui le piège institutionnel. Aujourd’hui, les médias brésiliens indiquent que 47 sénateurs seraient déjà prêts à voter pour la destitution de Dilma Rousseff.

A partir de là, la procédure sera enclenchée et la présidente sera écartée du pouvoir pendant 180 jours, remplacée par le vice-président Michel Temer (visé lui dans l’enquête « Lava Jato »), qui a lâché le gouvernement. La procédure sera menée par Ricardo Lewandowski, président du Tribunal suprême fédéral.

A l’issue de ce processus, le Sénat sera appelé à voter une nouvelle fois, sur la destitution elle-même, et à la majorité des 2/3. Nous serons quelque part au mois d’octobre 2016. Si Dilma Rousseff est écartée du pouvoir, elle ne pourra plus se représenter pendant huit ans. Et Michel Temer, allié à Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés, initiateur de la procédure d’Impeachment et lui-même directement accusé dans le dossier « Lava Jato » pour corruption et enrichissement personnel, prendra les commandes de l’Etat brésilien jusqu’à la fin du mandat en cours ( 2018). Voteraient ils alors des lois pour se protéger ?

Manifestement, le PT a essuyé de nombreuses trahisons pendant le vote à la Chambre. Chacun regarde qui va gagner pour se ranger d’ores et déjà vers qui il croit être les nouveaux maîtres de demain et préparer sa protection.

Le système politique brésilien est à bout de souffle. La situation révèle un phénomène d’auto-cannibalisation de ce système lui-même, sur fond de scandale de corruption qui touche tous les partis – notamment d’opposition, plus que le PT encore .

Dilma Rousseff indique qu’elle se battra jusqu’au bout. De leur côté, les défenseurs de la légalité démocratique – même lorsqu’ils sont très critiques sur le gouvernement – annoncent qu’ils ne laisseront pas le « golpe » gagner.

La rue va devenir la nouvelle arène politique du Brésil dans les jours et semaines à venir.

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10154125891518874&id=674873873

 

 

Publié le 18 avril 2016, dans Amérique Latine, BRICS, Capitalisme, Impérialisme, Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :