Plus le présent est difficile,….plus le besoin de chef est pressant. A méditer !!

Un éditorial de bonne facture de F. Soudan (Jeune Afrique) qui tire à boulets rouges sur tous ces despotes africains qui gangrènent la vie politique africaine. Qu’ils soient putschistes ou vomis par le peuple, beaucoup reviennent, scandaleusement, comme « le personnage providentiel ». On arrive à un point où l’on regrette le « bourreau » tellement le présent est rendu chaotique par le régime en place.

Madagascar n’échappe et n’échapperait peut être pas à cette règle. Ratsiraka en est déjà la preuve.

Seul un peuple qui fait preuve de maturité et de conscience politiques aigües, capable de défendre son choix, puisse enrayer ce phénomène.

MALAGASY, REVEILLONS – NOUS !!

 

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Besoin de chef

Publié le 21 mars 2016 à 09h28

par François SoudanFrançois Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique

Que vaut-il mieux regretter : le manque ou la présence ? La chute du zaïm, le chef éternel, ou son incrustation au pouvoir ? En déclarant, le 14 mars, qu’il souhaitait le retour de Ben Ali sur sa terre natale au nom de la « réconciliation et du pardon », le porte-parole du gouvernement tunisien, Khaled Chouket, n’a pas seulement choqué une partie de l’opinion nationale, il a ouvert une boîte de Pandore : celle de la nostalgie.

Pour qui tend l’oreille dans les rues de Tunis, de Sfax ou de Sousse, il n’est pas rare en effet d’entendre des habitants soupirer qu’« avant » la vie était moins chère, la sécurité mieux assurée, le chômage résiduel, la propreté mieux tenue, les femmes moins voilées, le pays dirigé et les jihadistes à leur place – c’est-à-dire en prison.

À vrai dire, et contrairement à la mémoire toujours vivace du grand homme que fut Bourguiba, cette nostalgie n’est pas tant celle d’un autocrate dont personne ne souhaite le retour au pouvoir que celle d’une époque, les années 1990, quand le futur despote ne faisait encore que percer sous les habits du nouveau maître de Carthage. Cinq ans après la révolution, le temps peu à peu estompe l’hystérie, et l’on idéalise volontiers des moments qui parfois n’ont jamais existé. Zine el-Abidine Ben Ali aura 80 ans début septembre en son exil saoudien, et les Tunisiens qui pensent, sans le dire, que son retour dans sa bourgade natale de Hammam Sousse, pour y rendre son ultime soupir ne serait pas un scandale, sont sans doute plus nombreux qu’on ne l’imagine.

Phénomène classique sur le continent, bien au-delà de la Tunisie

Plus le présent est difficile, plus le passé est magnifié, plus le besoin de chef est pressant. Phénomène classique sur le continent, bien au-delà de la Tunisie. On oublie, ou l’on relativise, les défauts parfois abyssaux du leader renversé ou disparu pour ne retenir de lui que la période où il incarnait la grandeur de la nation, quitte à le transformer en ce qu’il ne fut pas, mais dont rêvent tous les peuples : un guide intègre, inspiré, visionnaire.

Il existe ainsi, à Kinshasa, une vraie mélancolie du Mobutu époque « Rumble in The Jungle » – le légendaire combat entre Muhammad Ali et George Foreman -, quand l’abacost se portait fièrement au pied des tours qui dominent le fleuve. À Bangui, des Centrafricains vous diront que le peu qui a été construit dans ce pays l’a été par Bokassa – et ils n’auront pas tout à fait tort. À Alger, le spleen des années 1970, lorsque Boumédiène nationalisait les hydrocarbures et s’érigeait en porte-voix des non-alignés, est toujours palpable. Et il se trouve bien plus d’un Libyen pour, déjà, regretter Kadhafi, dont la folie était, tout compte fait, moins létale que le chaos qui lui a succédé.

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Madagascar : Andry Rajoelina, parti pour mieux revenir ?

Depuis qu’il a remis les clés du palais d’Iavoloha à Hery Rajaonarimampianina, l’ancien président de la transition ne fait que de courts séjours sur la Grande Île. Il est loin d’en être déconnecté pour autant.

Il est en France. « Chez lui », disent ses détracteurs pour rappeler sa double nationalité et ses « origines étrangères ». L’ex-président de la transition Andry Rajoelina vit en effet entre Paris et une ville proche de la frontière suisse, où il réside avec sa femme et ses enfants.

Son absence au palais présidentiel d’Iavoloha le 8 janvier, lors de la cérémonie des vœux du chef de l’État, Hery Rajaonarimampianina, a été très remarquée. Tout le monde était là. Même Marc Ravalomanana a fait une apparition. Andry Rajoelina a eu beau prévenir le protocole qu’il lui était « impossible d’honorer l’invitation pour cause d’absence du pays », personne n’a été dupe.

On le dit « amer », « trahi », « lâché » de toutes parts. Par la communauté internationale d’abord, qui l’empêcha de se présenter à la présidentielle de décembre 2013, et surtout par « Hery », son ancien ministre des Finances, élu « à sa place » et qui refusa ensuite de se voir imposer son Premier ministre par le Mapar (la coalition de Rajoelina, qui était majoritaire à l’Assemblée nationale à l’issue des législatives couplées), « comme à l’époque soviétique lorsqu’il y avait un parti unique », ironise aujourd’hui Rivo Rakotovao, ministre d’État et président du parti présidentiel, le HVM (Force nouvelle pour Madagascar), créé en 2015.

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Publié le 28 mars 2016, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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