La Chine fait main basse sur les forêts africaines (Le Monde Afrique)

Abattage d'un arbre dans la concession La Compagnie équatoriale des bois, à 500 km à l'est de Libreville, au Gabon, en juillet 2006.

La voracité chinoise à l’égard des matières premières africaines n’a pas de limite : les minerais, le pétrole, la faune et la flore sont exploités de façon intensive. C’est le cas également du bois, dont 75 % de la production part pour la Chine, ce qui en fait la troisième matière première la plus importée par l’empire du Milieu.

Selon l’ONG Greenpeace, qui vient de publier une enquête à ce sujet, une grande partie des forêts est exploitée illégalement. Le bois est exporté brut vers la Chine où il est transformé avant d’être réexporté essentiellement vers l’Europe. Le tout dans des conditions souvent opaques. Le Cameroun, le Gabon, la République du Congo et le Mozambique sont en première ligne.

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Greenpeace s’est ainsi penchée en particulier sur le bois en provenance du Cameroun et du Congo. Avec plus de 250 millions d’hectares, le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt de la planète. Elle fait vivre plus de 75 millions de personnes qui en dépendent pour leur subsistance, tout comme des espèces animales menacées comme les gorilles et les chimpanzés.

Un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars

L’enquête de l’ONG se concentre essentiellement sur la société camerounaise CCT (Compagnie de commerce et de transport) qui est le plus grand exportateur de grumes du pays. L’ONG a remonté la filière des forêts camerounaises au port chinois de Zhangjiagang (à l’est de la Chine), où les importateurs profitent d’une législation particulièrement laxiste. Cette zone de libre-échange construite en 1992 se trouve à une heure trente à peine de Shanghai.

Sur les quelque trois cents entreprises identifiées qui importent du bois d’Afrique, une trentaine concentre 80 % des volumes transportés. Parmi elles, Jiu Li Timber Industry, World Wood Trade, Allwin ou Huilong Goup… Il s’agit essentiellement d’entreprises de quatre provinces du Sud-Est : le Guangdong, le Zhejiang, Shanghai et le Jiangsu où se trouve le port de Zhangjiagang. C’est là, sur les rives du Yangtze, que se concentre l’essentiel de l’industrie chinoise du bois. Au total, le chiffre d’affaires de ces industriels du bois s’élève à 6 milliards des dollars.

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Mais le principal scandale de cette exploitation illégale est le commerce d’essences précieuses et protégées, comme le bois de rose en provenance de Madagascar. Un bois plutôt utilisé dans la fabrication de meubles pour une clientèle aisée. Dans le bassin du Congo existe plus de 10 000 espèces de bois tropicaux dont un tiers est endémique à cette région.
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Publié le 28 mars 2016, dans AFRIQUE, Capitalisme, Chinafrique, Chine, Droit international, Environnement, Madagascar, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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