Areva accusée d’avoir négligé la santé et la sécurité de ses ouvriers en Centrafrique (ODM)

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Les derniers documents révélés par Wikileaks mettent en lumière les pratiques douteuses des multinationales en République centrafricaine. Parmi les accusées : Areva, qui a exploité jusqu’en 2012 le site de Bakouma, acquis dans le cadre du rachat d’Uramin. L’entreprise nucléaire française aurait omis de prendre les mesures les plus élémentaires pour protéger la santé de ses travailleurs et d’avoir fait obstacle au travail de la commission chargée d’enquêter sur leur situation sanitaire.

Le Monde résume la teneur des révélations de Wikileaks :

Selon un rapport, non daté et non signé, à en-tête de la présidence centrafricaine, rédigé par un comité composé de représentants de l’administration locale, de délégués du personnel d’Areva et d’un médecin radiologue, « les foreurs, aides foreurs et agents de laboratoire qui sont censés être en contact avec les roches minéralisées en uranium ne disposaient d’aucun moyen de protection, ni n’étaient sensibilisés sur les mesures de radioprotection pendant leurs activités ». Sur le site de Bakouma, « le traitement des carottes [les échantillons de terre prélevés] se faisait à mains nues et sans aucune protection » et « les employés locaux ne disposaient pas de dosimètre individuel alors qu’ils étaient exposés aux radiations ».

Areva n’aurait donc pris, au préalable, aucune des mesures élémentaires pour protéger ses travailleurs. Une fois sa décision de suspendre ses activités actée, l’entreprise se serait également employée à obstruer le travail du comité chargé d’enquêter sur ces questions. « Les demandes des dossiers de suivi médical et dosimétrique du personnel sont demeurées sans réponses » et « les données indispensables dont le comité a besoin ont été soit détruites, soit dissimulées par Areva, qui a procédé volontairement au formatage des disques durs de tous les ordinateurs sur le site, au verrouillage du serveur et a emporté toute la documentation existante avant l’arrivée du comité sur le site », peut-on lire dans le rapport de trente pages.

Lire la suite de l’article sur le site du Monde.

Areva réfute les accusations et assure qu’« il n’y a pas d’enjeu sanitaire, compte tenu des usages locaux et de la distance entre le site et les zones d’habitat ».

Au même moment, des anciens ouvriers d’Areva au Gabon (où la firme a exploité de l’uranium jusqu’en 1999) se mobilisent eux aussi pour obtenir la reconnaissance par leur ancien employeur de leurs maladies professionnelles, ainsi qu’une indemnisation.

On rappellera qu’Areva s’est toujours refusée à reconnaître officiellement un quelconque cas de maladie professionnelle liée à l’uranium, n’accordant des indemnisations qu’à titre exceptionnel et généralement pour des expatriés plutôt que pour des travailleurs africains.

Lire à ce sujet notre enquête Areva laisse-t-elle mourir ses travailleurs au Niger ?.

Source: Observatoire des multinationales

 

 

 

Publié le 16 février 2016, dans AFRIQUE, Centrafrique, colonisation, Droits humains, Energie, Françafrique, Multinationales, Uncategorized, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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