Madagascar continue de fermer les yeux sur le trafic du bois de rose (Le Monde)

Mai 2014 : sur une rive de la rivière Iagnobé, près du village d'Andanalavahil, un homme déplace pour la pesée un tronc de bois de rose coupé illégalement dans le parc national de Masoala, au nord de Madagascar.

Rien ni personne ne semble être en mesure de contrer le pillage à large échelle des ressources naturelles de Madagascar par les élites politiques et économiques de l’île. Jeudi 14 janvier, le comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), réuni à Genève, a été contraint de durcir ses sanctions face à l’inertie du gouvernement dans la lutte contre le trafic de bois de rose, un bois précieux prisé par les nouveaux riches chinois et utilisé dans la fabrication de meubles de luxe.

Resté lettre morte depuis son adoption en août 2013, l’embargo promis par Madagascar sur toutes sur les exportations de bois de rose et d’ébènes va désormais se doubler de l’interdiction faite à toutes les parties de la Cites, soit 181 pays, d’importer ces essences illégalement exploitées. Les Etats bien connus (Tanzanie, Kenya, Singapour, Sri Lanka, Mozambique) par lesquels transitent les containers remplis de grumes interdites avant leur destination finale, la Chine, deviennent à leur tour responsables de mettre un terme à ce trafic. A défaut d’agir, elles pourraient être tenues pour complices.

Plus de 5 400 tonnes de bois saisies

Pour le secrétariat de la Cites, il s’agit d’un ultime avertissement adressé aux autorités de la Grande Ile avant qu’il ne recommande un embargo total sur le commerce malgache d’espèces protégées classées à la convention. Si Madagascar ne démontre pas sa volonté d’agir rapidement, cette proposition, portée par l’Union européenne, pourrait être soumise à l’approbation des membres de la convention lors de la prochaine conférence de la Cites prévu en septembre, à Johannesburg.

« Tout le monde est fatigué par le double jeu des Malgaches », confie un diplomate très au fait du dossier. Des millions de dollars ont été engagés pour aider le pays à mettre en place un plan d’action. La Banque mondiale, Interpol, l’Organisation mondiale des douanes, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime collaborent pour démanteler les réseaux mafieux tenus par les barons du bolabola, le bois de rose en malgache. En vain.

En dépit de l’embargo, le bois coupé dans les réserves naturelles puis transporté sur de petites embarcations avant d’être chargé sur des navires battant pavillon souvent panaméen ou sierra-léonais, a continué de prendre la mer muni de faux papiers. Plus de 5 400 tonnes de bois ont été saisies sur les côtes malgaches ou dans les ports étrangers entre décembre 2013 et octobre 2015, selon le décompte publié par la Cites. La plus grosse prise – 3 372 tonnes – a eu lieu à Singapour en mars 2014. Au total, ces quantités colossales correspondraient à un volume de 35 000 à 40 000 arbres. Quel chiffre faut-il imaginer alors pour les cargaisons qui sont passées au travers des mailles du filet ?

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Publié le 16 janvier 2016, dans AFRIQUE, Chine, Economie, Environnement, Madagascar, Océan Indien, Uncategorized, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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