Côte d’Ivoire – Dominique Ouattara, la régente d’Abidjan (Mondafrique)

Dans son dernier livre « Les Ouattara. Une imposture ivoirienne », Bernard Houdin, défenseur de Laurent Gbagbo et ancien conseiller à la présidence, dresse un portrait mordant de Dominique Ouattara, la puissante épouse du président ivoirien qui incarne les dérives affairistes du régime. Bonnes feuilles.

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Jusqu’à son arrivée à Abidjan, Dominique Nouvian ne laisse pas de traces. La seule certitude, dans le fatras des informations reprises, en boucle, sur une multitude de sites Internet, reste sa naissance à Constantine, le 16 décembre 1953, dans une Algérie française qui va s’embraser dans moins d’un an. Son père, Guy Nouvian, ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, est marié à une jeune femme qui, à la demande de la famille du futur mari, a abjuré sa confession juive pour se convertir au catholicisme, condition sine qua none du mariage. Elle a quatre frères et sœurs dont l’un au moins, Philippe, est toujours dans son ombre au palais présidentiel.

Compte tenu de l’évolution des choses en Algérie, la petite Dominique doit avoir moins de neuf ans quand sa famille rejoint la France, à supposer qu’elle soit restée en Afrique du Nord jusqu’à l’indépendance. Sa biographie officielle lui attribue un cursus scolaire et universitaire qui peine à s’inscrire dans le temps de son séjour en métropole avant son départ pour l’Afrique noire avec son mari, Jean Folloroux. Son arrivée en Côte d’Ivoire se situe certainement après la naissance de son fils, Loïc, né à Buhl, en Allemagne, le 16 avril 1975 et avant celui de sa fille Nathalie, née le 3 janvier 1979 à Abidjan.

Veuve, mais pas trop

La carrière de son mari dans l’enseignement en Côte d’Ivoire semble se dérouler dans de bonnes conditions, ce dernier apparaissant, au début des années 1980, comme conseiller au ministère de l’Éducation nationale. Le directeur de l’enseignement technique s’appelle alors, Bamba Vamoussa qui se lie d’amitié avec le professeur mais, surtout, devient un familier de sa jeune épouse. Jean Folloroux décèdera, accidentellement, en 1984, du moins selon la version officielle.

Les circonstances dramatiques du décès du professeur Jean Folloroux ont, semble-t-il, peu ou même pas du tout affecté sa jeune épouse qui n’avait certainement pas une passion définitive pour son premier époux. Une confidence d’un ami abidjanais, recueillie il y a bien longtemps, est éclairante à ce sujet. Invité à un barbecue dominical chez l’un de ses amis, il y rencontre un couple de français qui vient d’arriver en Côte d’Ivoire. L’homme est plutôt âgé, ce qui tranche avec sa jeune et très accorte épouse. Tôt dans l’après-midi, le mari s’excuse auprès des autres convives et se retire pour aller finir de corriger un devoir qu’il doit rendre le lendemain à ses élèves, laissant sa jeune femme profiter, seule, de ce moment de convivialité. Et alors, soleil ou champagne aidant, la jeune madame Dominique Folloroux, car c’est d’elle qu’il s’agit, prononce cette phrase (cette sentence ?) : « Vous ne croyez tout de même pas que je vais passer toute ma vie avec un correcteur de copies » ! Mon ami n’en est toujours pas revenu…

Il s’avère que le décès de Jean Folloroux marque l’entrée réelle de Dominique Nouvian Folloroux sur la scène politique ivoirienne où, avec une force de conviction très féminine, elle gravit tous les échelons pour être, aujourd’hui, l’incontournable maîtresse du palais. La voie est libre pour la jeune veuve de trente et un ans.

Une promotion fulgurante

Bamba Vamoussa a aussi, et surtout, un oncle brillant, Abdoulaye Fadiga, gouverneur de la BCEAO. Elle se rapproche très fortement de lui. Il vient de racheter à un Français une agence immobilière locale, l’AICI. Il lui en confie la gestion. L’AICI deviendra le vecteur de développement des affaires de Dominique Nouvian Folloroux[1]. Auparavant, elle a travaillé quelque temps comme secrétaire à l’ambassade du Canada et fréquente épisodiquement un garçon haut en couleurs, bien connu de la vie nocturne abidjanaise et manipulateur de haut vol, Paki Bocoum. C’est lui qui a l’idée de la présenter au président Houphouët-Boigny. À l’origine, pour Paki, ce n’est qu’une énième façon de soutirer un peu d’argent au Vieux. Son plan est simple. Il va demander audience au Président, se fera accompagner par Dominique, parée de ses plus beaux atours. Il a déjà prévu de laisser l’entretien se poursuivre en tête-à-tête, lui se retirant sous un prétexte quelconque. Il est sûr de son fait : le Vieux sera séduit et offrira une enveloppe à Dominique, qu’ils n’auront plus qu’à se partager ensuite. Le scénario se déroule normalement si bien que, désormais, la jeune femme a ses entrées au palais présidentiel. Et la chance continue à veiller sur celle dont le Président, subjugué, dira, très vite, dans son entourage, « elle a du chien ».

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Publié le 24 octobre 2015, dans AFRIQUE, Côte d'Ivoire, Françafrique, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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