Sous-traitance textile : Auchan mis en cause dans de nouveaux documents

LE FAIT DU JOUR. Auchan faisait travailler une société installée au Rana Plaza, l’immeuble dont l’effondrement a fait plus de 1000 victimes en 2013. Trois associations portent plainte contre le géant de la distribution, s’appuyant sur de nouveaux documents pour pointer des manquements dans la sécurité notamment.

Une proche d'une des victimes sur le site du Rana Plaza, le 24 avril 2013Une proche d’une des victimes sur le site du Rana Plaza, le 24 avril 2013 (AFP/Munir Uz Zaman)

Le profil d’un petit oiseau dessiné au centre d’un cercle vert pomme. Tel est le logo utilisé par Auchan qui s’affirme vert sur blanc, « discount » (à bas prix) et « responsable ». Ce slogan s’apparente à « une pratique commerciale trompeuse », d’après les trois associations — Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l’étiquette —, qui se sont constitué partie civile lors du dépôt de la seconde plainte contre Auchan, en juin dernier, au tribunal de Lille.

Une première plainte avait été classée sans suite, les enquêteurs estimant ne pas disposer d’une enquête de terrain « approfondie ». Dont acte. Ces trois associations se fondent sur de nouveaux documents — que nous avons consultés en exclusivité — qui seront présentés aujourd’hui au juge. « Fin 2014, sur les indications d’un ex-salarié, nous avons vu une dizaine d’usines qui sont des sous-traitants officiels d’Auchan. Selon nous, le groupe viole ses engagements éthiques et la loi bangladaise », explique Marie-Laure Guislain, chargée du contentieux à Sherpa.

Risque d’incendie et machines dangereuses

Les témoignages des salariés recueillis fin 2014 par Sherpa font état « d’accidents graves liés à des machines à coudre dangereuses ». « Ils se produisent lorsque les travailleurs se baissent pour ramasser un objet et se font happer par la machine », explique l’association. Certaines, parfois, « sont brûlantes et prennent feu », témoigne, dans ces documents, Renu, une ouvrière. Hamida parle de « câbles électriques qui se croisent » et des incendies en série que cela provoque. « Il y a 700 personnes par étage et il y a quatre étages. Les travailleurs sont séparés de 50 cm. Le manageur dit qu’ils peuvent courir et sortir s’il y a un incendie », confie une autre. Un audit d’avril 2014 confirme ces éléments.

La réponse d’Auchan : « Toutes nos usines ont été auditées pour la solidité des structures, les installations électriques et la sécurité contre l’incendie. Les remédiations éventuelles sont en cours ».

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Publié le 23 octobre 2015, dans Capitalisme, Droits humains, Economie, France, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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