L’État français assassine six de ses propres citoyens dans un raid aérien en Syrie (WSWS)

Par Stéphane Hugues
14 octobre 2015

L’Etat français a effectué l’assassinat extra-judiciaire d’au moins six Français dans un raid sur un camp de l’Etat islamique (EI) en Syrie la semaine dernière, en violation flagrante de l’interdiction de la peine de mort par la Constitution française.

A 23h jeudi, deux Rafales ont attaqué le camp de l’EI à 5 kilomètres de Raqqa, la capitale de la portion de de Syrie contrôlée par l’EI. Les jeunes Français auraient été en formation dans ce camp aux côtés de plus de 100 autres étrangers. Les Rafales ont largué sept bombes de 250 kilos guidées par GPS dans cette frappe, qui était la dernière menée par la France depuis un raid sur un autre camp près de Deir Ezzor, le 27 septembre.

Le gouvernement n’a pas publié d’estimation du nombre de morts et de blessés qu’a fait l’opération jeudi. Le raid précédent aurait tué plus de 30 jeunes, dont 12 enfants-soldats. Cependant, une ONG syrienne a annoncé qu’au moins six ressortissants français avaient trouvé la mort jeudi soir, un chiffre qu’ont confirmé les autorités françaises, qui ont également confirmé qu’elles avaient lancé le raid en supposant que ceci provoquerait la mort de citoyens français.

Elles ont dit à BFM-TV, « Nous avons ciblé un camp d’entraînement dans lequel se trouvaient des combattants étrangers de l’EI formés pour venir nous attaquer en France. Parmi eux, il y avait des Français, des francophones. »

Les renseignements français auraient découvert la présence de ressortissants français et de jeunes francophones en interrogeant des combattants capturés de l’EI. Ainsi, Le Drian, le président François Hollande, et les militaires savaient que le raid coûterait la vie à des Français avant de le lancer.

En tournée au Moyen-Orient, le Premier ministre français Manuel Valls a souligné que le PS revendiquait le droit de tuer entre autre les citoyens français. S’exprimant sur les raids depuis Amman, la capitale de la Jordanie, Valls a prétendu qu’ils ciblaient des personnes « de toutes origines et de toutes nationalités. … Nous ne demandons pas le passeport à telle ou telle personne mais nous frappons ceux qui préparent les attentats contre la France. »

Le PS a tenté de justifier les assassinats en invoquant son droit de « légitime défense », puisque ces stagiaires de l’EI en Syrie pourraient revenir plus tard en France pour y mener des attentats.

Cela établit un précédent sinistre et antidémocratique : la punition préventive par l’État d’un crime qu’un suspect n’a pas encore commis, au prétexte que l’État supposerait que le suspect pourrait le commettre à l’avenir.

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Publié le 18 octobre 2015, dans Droits humains, France, Géopolitique, Guerre, Justice, Moyen Orient, Syrie, Terrorisme, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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