Burkina-Faso: 7 coups d’Etat en 54 ans, une fois de plus par les pro-Compaore

Les militaires putschistes au Burkina Faso ont annoncé jeudi la nomination du général de la garde présidentielle Gilbert Diendéré à la tête du « conseil national pour la démocratie » qu’ils ont mis en place.

Dans un communiqué lu à la télévision, les militaires ont également annoncé la fermeture des frontières et ‘instauration d’un couvre-feu nocturne.

Le chef du parlement intérimaire (CNT, conseil national de transition), Moumina Cheriff Sy, a déclaré à Reuters qu’il rejetait ce coup d’Etat mené par un « petit groupe » de militaires et assumait la présidence de transition en l’absence du président Michel Kafando, arrêté la veille par des membres de la garde présidentielle.

La chef de la diplomatie européenne a appelé jeudi à la « libération immédiate » du président et des membres du gouvernement du Burkina Faso retenus en otage depuis la veille par des militaires d’un régiment d’élite.

« L’UE appelle à la libération immédiate des personnes retenues et au respect de la Transition et de l’intérêt général », a indiqué Federica Mogherini dans un communiqué.

François Hollande a condamné jeudi le « coup d’Etat » qui s’est déroulé au Burkina Faso et exigé la reprise du processus électoral.

« Le président de la République condamne fermement le coup d’Etat qui a eu lieu au Burkina Faso », peut-on lire dans un communiqué de l’Elysée. »

http://fr.sputniknews.com/international/20150917/1018215386.html#ixzz3lzafFqqx

Intégralité de la déclaration du CND: (Lu sur Koaci)

Aujourd’hui 17 Septembre 2015, les forces patriotiques et démocratiques alliant toutes les composantes de la nation et réunies au sein du Conseil National pour la Démocratie (CND) a décidé de mettre un terme au régime déviant de la transition. Instauré à la suite de l’insurrection victorieuse du peuple des 30 et 31 octobre 2014, le régime de transition s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle. La loi électorale, taillée sur mesure pour des individus et décriée par les instances et les hommes de droit, se dresse alors comme un outil de négation des valeurs de notre peuple, fondées sur l’esprit de justice, d’équité et de tolérance.

Cette loi a créé une division et une grande frustration au sein du peuple, érigeant deux catégories de citoyens. Malgré les recommandations fortes des chefs d’Etat de la CEDEAO, malgré une condamnation ferme de la Cour de justice de la CEDEAO, enjoignant au Burkina Faso de lever tous les obstacles à la libre participation des candidats élections, le Conseil constitutionnel va être instrumentalisé pour violer cette décision internationale.

La démocratie, c’est le droit de tout citoyen d’être électeur et éligible. La loi portant statut général des personnels des forces armées nationales et celle portant code de l’information, ont été promulguées à des fins personnelles et pour museler la presse.

Cette transition s’est également illustrée par des arrestations arbitraires, en négation des règles de droit, faisant le lit d’une justice sélective au service des vainqueurs. Dans un contexte sécuritaire sous-régional caractérisé par le terrorisme et le grand banditisme, la question militaire a été politisée et instrumentalisée.

Les propositions de l’armée, visant un traitement adéquat des questions en suspens, ont fait l’objet d’engagements solennels au plus haut niveau, n’ont pas été respectés, le but ultime étant de créer une crise factice, permanente au sein des forces de défense et de sécurité.

Nombre d’acteurs de cette transition se sont illustrés par des comportements aux antipodes des règles de bonne gestion de la chose publique.

Peuple du Burkina Faso,

Patriotes et démocrates amis du Burkina,

L’intervention du CND a pour but principal d’enclencher un processus cohérent, juste et équilibré, devant conduire à la mise en place d’un système institutionnel robuste. Ancré sur les principes cardinaux de la démocratie, comme l’égalité politique devant la loi, la libre expression politique et l’alternance, ce système institutionnel sera le socle du développement socioéconomique partagé du Burkina Faso.

Pour faire place à cette exigence, les mesures immédiates suivantes sont prises :

– Premièrement, le Président de la transition est démis de ses fonctions,

– Deuxièmement, le gouvernement de transition est dissous

– Troisièmement, le Conseil national de transition est dissous

– Quatrièmement, une large concertation est engagée pour former un gouvernement qui se dévouera à la mise en norme politique pour aboutir à des élections inclusives et apaisées.

Le CND voudrait également rassurer la communauté régionale et internationale, les partenaires au développement de sa détermination à respecter les accords qui engagent le Burkina Faso.

Peuple du Burkina,

Le Conseil national de la démocratie appelle tous les Burkinabè à soutenir activement et massivement, dans un esprit de tolérance et tolérance, le processus de reconstruction engagé dans le calme, la discipline et le travail.

Que Dieu protège le Burkina Faso

Le Conseil national pour la démocratie, CND

Boa, Ouagadougou

 http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-20269.html

 

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Lire aussi:

Coup d’Etat au Burkina Faso: Ouattara savait ce qui se tramait contre la transition

Le coup d’Etat perpétré ce jeudi par le Conseil national pour la démocratie (CND), junte militaire dirigée par le général Gilbert Diendéré, a été presque entièrement préparé d’Abidjan, capitale économique ivoirienne, et lieu d’exil de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré. Le pouvoir ivoirien était parfaitement au courant, grâce à ses services de renseignement, des allers et retours des proches de l’ex-président Compaoré entre Ouagadougou et Abidjan. Depuis plusieurs mois, des milieux informés de la transition redoutaient une déstabilisation orchestrée par l’ancien président à partir de son exil ivoirien. Ils affirment que Compaoré avaient même aménagé des bureaux au Plateau pour mieux suivre le déroulement de la transition et préparer sa reconquête du pouvoir. Le coup de force de la bande à Diendéré est venu confirmer leurs craintes.

Mondafrique

 

 

Publié le 18 septembre 2015, dans AFRIQUE, Côte d'Ivoire, colonisation, Droits humains, Françafrique, France, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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