France – Les migrants de Calais : une énigme

Les migrants de Calais : une énigme

Ils viennent de partout, dit-on, mais particulièrement de pays en guerre ou de pays classés comme dictatures selon la vision occidentale. Eux-mêmes se définissent comme des migrants politiques et aspirent tous à demander asile en Grande Bretagne.

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Cependant, plusieurs points restent obscurs, et certains de ces points ne collent pas du tout avec les récits de ces migrants, ni avec les différents reportages faits sur eux. Il y a tout d’abord un constat : pratiquement tous les récits à leur sujet ne concernent que leur présence du côté français, comme s’il n’y avait aucun migrant du côté anglais. Si, comme le dit le New York Times, il y a une quarantaine de réfugiés qui arrivent à passer de l’autre côté, où sont-ils ? Que fait la police anglaise dont on connait pourtant l’efficacité ? Y a-t-il un camp à Douvres pour accueillir tous ceux qui réussissent à passer, et, si oui, pourquoi n’en parle-t-on jamais ?

Tout se passe comme si le jeu du chat et de la souris entre les migrants et les forces de l’ordre ne se passe qu’en France, et que, une fois de l’autre côté de la Manche, c’est la liberté absolue, dans un pays sans police ni garde-frontières. Ce qui est évidemment faux. Le constat est que tous les migrants vers l’Angleterre se retrouvent à Calais, et c’est à la France de gérer un problème qui est potentiellement anglais.

Avant d’arriver à Calais, les migrants ont suivi des itinéraires différents mais, dans les médias, la narrative est globalement la même pour tous. Regardons plus en détail cette narrative.

D’abord les causes de départ. Les pays de départ sont tous des pays en guerre ou classés dictatoriaux par les médias occidentaux. Quand NYT dit qu’un pays est une dictature, nous savons à quoi nous en tenir. Personne n’osera aujourd’hui, même armé de la plus belle des mauvaises fois, qualifier Cuba ou le Venezuela de dictature, sauf les grands médias occidentaux. Ce sont précisément ces médias qui désignent l’Erythrée comme une dictature. Nous avons publié récemment un film de Vanessa Stojilkovic et Christophe Joubert qui démontre tout le contraire. Il convient alors de se demander pourquoi une partie des migrants prétend être originaire de l’Erythrée, fuyant une répression qui n’existe pas.

31calais-web-master675Entre autres réponses, il y a le fait que tous les migrants connaissent les fantasmes droit-de-l’homistes européens. Dès qu’un pays est classé comme dictature répressive, les candidats à l’émigration se présentent comme étant originaires de ce pays pour pouvoir bénéficier de l’asile politique. C’est du gagnant-gagnant. D’une part, les réfugiés s’assurent ainsi de ne pas être refoulés, et, d’autre part leur présence en masse est utilisée pour confirmer la réalité des répressions. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), et d’autres organismes de réfugiés en Occident ont été confrontés à ce problème à maintes reprises, notamment au début des années 90 du siècle dernier, où des milliers de Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, etc. sont devenus Mauritaniens au moment où ce pays exerçait des répressions terribles contre sa population noire. Ce phénomène existe toujours, et il y a des chances que beaucoup « d’Erythréens » de Calais n’aient jamais entendu parler de ce pays avant de décider de partir de chez eux.

Dans les récits des médias, on retrouve beaucoup d’opposants ou même des fils d’opposants aux régimes en place dans « leurs pays ». Pourquoi pas aussi les petits-fils, les neveux et cousins d’opposants, tant qu’on y est ? Puisqu’il s’agit de dictature, tout est possible. La plupart des migrants sont des chômeurs sans formation, mais les régimes qu’ils fuient ont tellement peur d’eux qu’ils les répriment, les obligeant à s’en aller. Les médias ne se posent pas de questions non plus de savoir comment ces chômeurs arrivent à trouver jusqu’à deux ans de salaire (qu’ils n’ont pas) pour payer les passeurs.

CALAIS-articleLargeEnfin, l’itinéraire en Europe des migrants reste un mystère. Après avoir traversé la Méditerranée sans se noyer et avoir débarqué en Italie, en Grèce ou ailleurs, comment ont-ils pu traverser toute l’Europe, individuellement ou en groupe, sans se faire remarquer des polices des pays traversés ? C’est comme s’ils avaient un guide qui les menaient de manière sure jusqu’à Calais pour les laisser ensuite livrés à eux-mêmes. Pourquoi, si guides il y a, ceux-ci n’assurent-ils pas leur mission jusqu’au bout en les faisant traverser de n’importe quel point de la côte française, tâche pourtant plus aisée que la traversée de la Méditerranée ? C’est comme si Calais était le terminus. Quelqu’un de bien organisé les y emmène, non pas pour traverser, mais pour y rester.

Toutes ces questions n’intéressent apparemment pas les journalistes. Ils préfèrent se concentrer sur les drames individuels, et sur les « dictatures » auxquelles les migrants ont tenté d’échapper. Naturellement, le problème n’est perçu en France que sous l’angle électoraliste des « immigrés qui viennent nous manger notre pain », thème utilisé depuis des décennies par les partis politiques, alors qu’il s’agit peut-être de tout à fait autre chose, autrement plus grave.

Avic – Réseau International

Publié le 1 août 2015, dans AFRIQUE, Angleterre, Europe, Médiamensonges, Union Européenne, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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