MADAGASCAR – Opposition, Disparue du paysage politique

Le contexte politique actuel a fait disparaître complètement l’opposition malgache. Depuis quelques temps, le débat est focalisé sur la question de la réconciliation nationale. L’opposition démocratique a complètement disparu. Quel opposant au régime HVM ? La question mérite de nouveau d’être posée. Le titre de chef de l’opposition n’a pu être attribué jusqu’à présent, alors que cela fait plus d’un an que la nouvelle Assemblée Nationale a été mise en place. La loi 2011-013 portant statut de l’opposition et des partis d’opposition est pourtant claire en son article 2 :

« Est d’opposition au sens de la présente loi, tout parti légalement constitué ou groupe politique et qui développe pour l’essentiel des positions et des opinions différentes de celles du Gouvernement. L’appartenance à l’opposition doit faire l’objet d’une déclaration officielle et publique et doit être enregistrée au Ministère de l’Intérieur ».
L’article 6 de la même loi spécifie aussi: « Après chaque élection législative, les groupes politiques remplissant les conditions exigées par l’article 2 ci-dessus et qui se déclarent officiellement d’opposition désignent d’un commun accord un Chef de l’opposition officiel ».
Ceci étant, depuis au moins un an, les opposants au régime actuel devaient être identifiés clairement. Or, jusqu’à maintenant c’est loin d’être le cas. Cette situation est pourtant en train de fausser le débat politique dans le pays. Ce sont ceux qui se déclarent coopérer avec le HVM qui sont en train de le pourfendre au cours des derniers temps. Par contre, l’opposition déclarée, en mi-2014, a disparu du paysage politique. Elle n’est pas représentée au niveau du parlement. Ce qui complique davantage la situation.
Pourtant, les avantages attribués à l’opposition par la loi 2011-013 son plutôt attrayants. L’article 18 de la même loi stipule ainsi que « Le Chef de l’opposition officiel bénéficie du même régime indemnitaire que le Vice-Président de l’Assemblée Nationale ». Au début, l’appât du gain a failli prendre le dessus. Mais, au final, c’est le blocage institutionnel qui a prévalu. Le paysage politique est ainsi assez flou. On ne sait plus qui se trouve dans le giron de la coalition au pouvoir et qui se trouve dans l’opposition. Le MAPAR qui a fait élire Hery Rajaonarimampianina adopte en effet le langage de l’opposition sans jamais reconnaître le statut d’opposant, tandis que le camp politique de Marc Ravalomanana qui était l’adversaire de l’actuel président aux élections de fin 2013 s’est rapproché du régime HVM. Le flou total persiste, notamment en ce moment de la relance du processus de réconciliation nationale dans le pays.

http://www.lanation.mg/article.php?id=18885

Publié le 29 avril 2015, dans AFRIQUE, Madagasikara - Crise, Madagasikara - Histoire, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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