MADAGASCAR – La réconciliation torpillée ?

« …Que ceux qui peuvent mieux faire agisse, au lieu de verser dans des polémiques en tout genre. »

A une journée de la fin de l’inscription pour les assises sur la réconciliation nationale, le FFKM, initiateur de la démarche est de plus en plus critiqué. Les moindres initiatives font souvent l’objet d’une attaque en règle. Pour le moment, comme ils l’ont déjà fait comprendre, les meneurs du Conseil œcuménique des églises chrétiennes restent sur le cap. Les chefs d’églises restent de marbre. Ils souhaitent aller au bout de la démarche relancée en 2012.

Très récemment, la Conférence épiscopale de Madagascar a, par exemple, adressé une lettre au bureau du FFKM, observant l’exagération du frais de participation de 200.000 Ariary par entité et dénonçant ce que les Evêques qualifient d’implication des chefs d’églises dans le jeu politique au lieu de se consacrer uniquement sur la véritable réconciliation nationale. C’est en tout cas la première voix dissidente au sein des églises membres du FFKM. Rappelons que celui-ci regroupe, en effet, les catholiques, les luthériens, les réformées de la FJKM et les anglicans. Au sein de la classe politique, un certain nombre d’acteurs se sont aussi montrés réticents vis-à-vis de la démarche du FFKM.
Pour autant, on peut facilement imaginer que ce n’est pas au moment actuel que les leaders du FFKM vont abandonner la partie. Il leur reste à finaliser la consultation nationale. Dans un proche avenir, on saura si la démarche est une réussite ou un échec. En tout cas, depuis 2009, il faut bien l’avouer, aucune entité n’est parvenue à aller aussi loin en termes de négociation et de réconciliation entre les acteurs politiques. Quoi qu’on en dise, le FFKM a été l’unique organisation parvenue à tenir sept rencontres entre les anciens présidents Albert Zafy, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et l’actuel président, Hery Rajaonarimampianina. Même si le résultat a été mitigé, car réconcilier des adversaires politiques de longue date relève d’une gageure, le début des pourparlers a été déjà jugé, d’une manière générale, plutôt positif. Au moins, tout le monde a reconnu qu’il est nécessaire de se concerter.
Si tout se passe bien, à l’issue des assises qui vont démarrer le 28 avril prochain, tout le monde va finalement applaudir le FFKM. Mais si la rencontre échoue, on va continuer à vilipender les chefs d’églises. Quoi qu’il en soit, personne n’a mieux fait, malheureusement. Verser dans la critique à l’encontre du FFKM relève ainsi de la pure mauvaise foi. Que ceux qui peuvent mieux faire agisse, au lieu de verser dans des polémiques en tout genre. A plusieurs reprises, le FFKM a été parvenu à sortir le pays de la crise. On ne peut pas l’en vouloir de tenter de trouver une solution, malgré l’échec de 2009. Les pourfendeurs du FFKM devraient comprendre qu’en s’attaquant aux chefs d’églises, ils risquent de torpiller le processus de réconciliation entamé depuis des années. Dans quel intérêt ?

J. Nantenaina

Publié le 23 avril 2015, dans AFRIQUE, Madagasikara - Crise, Madagasikara - Histoire, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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