Sud de Madagascar : Retour en force des dahalo

Les « Dahalo niova fo » aux temps de Kolo Roger

Les coups d’arrêts, qui s’en souviennent encore ? Quel crédit accorder à ces bilans officiels qui n’avaient aligné que nombre de tués parmi les dahalo en taisant les chiffres de victimes innocentes des exécutions sommaires rien pour avoir porté des amulettes ou autres fétiches traditionnels ? Des voix crédibles, députés, maires et notables dénoncent actuellement l’échec patent de ces « coups d’arrêt » qui en réalité, n’étaient que de la poudre jetée aux yeux de l’opinion et des observateurs afin d’attendrir la communauté internationale.

Les brigands font toujours des ravages dans les villages de l’arrière-pays de ce Sud lointain. Pas plus tard que le 5 avril dernier, au cours d’un affrontement avec les forces de l’ordre, ces malfaiteurs ont tué un gendarme. La semaine dernière des villageois excédés par les agissements criminels des bandes armées ont décidé de s’attaquer au repaire de ces derniers et ont réussi à abattre le chef de bande, celui qui avait tué ce gendarme début avril cette année. A titre de représailles, les malfaiteurs s’en prennent aux habitants du village voisin qui avaient osé les défier. Par surprise ils débarquent et tiennent en respect et en otage une population de plus de 70 personnes. Obligeant ces derniers à livrer l’auteur de la mort de leur chef tout en exigeant des bœufs à titre de réparation. Les dahalo n’ont quitté ledit village que vendredi dernier en emmenant avec eux 2 riches éleveurs afin d’obliger les deux hommes à indiquer l’endroit caché où se trouvent leurs troupeaux. A l’heure où paraissent ces lignes, il ne nous est pas encore possible de confirmer avec exactitude si les deux otages sont toujours vivants. Nous avons appris toutefois que des renforts en provenance de Betroka font route vers le secteur d’Andriry réputé être la caverne d’Alibaba de ces voleurs cruels qui aurait tué quatre villageois avant quitter les lieux.
De ces faits, on peut conclure que les malfaiteurs sévissent toujours et peuvent frapper n’importe quand, n’importe où ils et quand ils veulent. Ils ont l’avantage de bénéficier d’une meilleure connaissance du terrain et de la difficulté de mobilisation des forces de l’ordre très handicapées par les moyens de déplacements surtout. Des témoins oculaires dignes de foi déplorent que ni le repentir collectif de plus 4.000 pseudos-dahalo tous des figurants de représentations médiatiques à grands spectacles, ni les opérations sécuritaires programmés dans les confortables beaux de la capitale n’ont changé l’ampleur des malheurs des paysans et des éleveurs depuis la chaîne de l’Andringitra jusque dans l’Androy où le Maire d’Andalatanosy un grand receleur de bœufs volés bénéficie de la protection occulte de certains magistrats et éléments des forces de l’ordre corrompus. Et le Chef de Région d’Ambovonbe dans tout cela ? Il surfe sur les vagues de l’impunité parce qu’il sera d’une utilité politique incontournable pour la campagne électorale prochaine ? C’est du moins ce que racontent les mauvaises langues qui le connaissent trop bien.

 La Nation du 13/04/2015

Publié le 13 avril 2015, dans AFRIQUE, Droits humains, Madagasikara - Crise, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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