MADAGASCAR – Dégradation de la capitale: Le Sefafi évoque un « effondrement général »

L’abondance des pluies continue de sévir la capitale et plusieurs villes de Madagascar. De l’autre côté, les différents dysfonctionnements qui animent actuellement l’administration, et la hausse considérable du coût de la vie, sans parler des foyers de tensions qui naissent partout, il y a de quoi lancer un signal d’alerte. Le Sefafi accouche de nouveau un communiqué dans cette optique.

On compte plusieurs milliers de sinistrés depuis le mois de février. Viennent ensuite alourdir le bilan des passages des tempêtes tropicales, la dégradation remarquable des infrastructures surtout routières, la montée considérable des eaux dans les zones inondables. Le régime, pourtant, déjà en perte de vitesse, ne parvient pas à gérer la situation, et peine à trouver le financement nécessaire pour réparer les casses. La capitale Antananarivo est complètement en ruine. Le ras-le-bol commence ainsi à se faire sentir tout bas. Et tout haut, le Sefafi tire la sonnette d’alarme. « Les intempéries ont servi de révélateur à un effondrement général », affirme le Sefafi dans un communiqué publié hier.
Octroi de permis de construire de complaisance par la Commune, autorisation de remblayage de zones protégées par l’APIPA (Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo), trafic avec les terrains domaniaux par les fonctionnaires des Domaines, les remblais en cachette par les entreprises, tels sont, entre autres, selon le Sefafi, les causes qui ont accéléré la dégradation actuelle de la capitale. « Et ce ne sont pas les campagnes annuelles de mendicité qui redresseront la situation, mais une planification holistique, des constructions aux normes, un entretien régulier, l’élimination de la corruption et la gestion dépolitisée des risques et catastrophes », soutient le Sefafi. Les membres de cette organisation estiment aussi nécessaire de « récurer les canaux avant la saison des pluies, réparer les rues sans attendre qu’elles soient détruites, octroyer les permis de construire sur une base technique fiable et pas en échange d’une enveloppe, arrêter la corruption de la police municipale et l’indiscipline des chauffeurs de taxis-be, mettre en fourrière les voitures qui squattent les trottoirs, contraindre les marchands à laisser la rue aux voitures », afin d’assainir la ville.
«Des leçons doivent être tirées de ce désastre, d’autant que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort de cette négligence collective », selon l’association Observation de la Vie publique. « A quelques mois des élections communales, toute la politique urbaine du pays est à revoir », suggère-t-elle. Le Sefafi estime qu’il est nécessaire d’« Exiger des candidats maire, surtout dans les grandes villes, qu’ils rendent public le projet d’urbanisme qu’ils comptent mettre en œuvre s’ils sont élus. Si leur conscience civique, leur sens de l’éthique et leur courage politique n’y suffisent pas, un texte réglementaire approprié pourrait les y contraindre. Car il est inconcevable d’être candidat à une mairie sans avoir de projet pour développer la ville ! Cela permettra de sortir de l’improvisation à laquelle nous ont habitués les maires et PDS successifs de toutes les villes du pays ».

http://www.lanation.mg/article.php?id=17704

Publié le 11 mars 2015, dans AFRIQUE, Droits humains, Madagasikara - Crise, Madagasikara - Histoire, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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