De Nelson Mandela, le “héros” noir des élites occidentales, à Robert Mugabe, le « dictateur » apprécié de la plupart des Africains. (Oeil d’Afrique)

Une analyse très pertinente de Patrick Mbeko qui rétablit la vérité vraie. L’article est parue en septembre 2014 mais il n’est pas inutile de le rappeler au lendemain de la désignation, dans le cadre de la présidence tournante, de Robert Mugabe, la bête noire de l’occident, à la tête de l’UA.

Nelson Mandela et Rogert Mugabe

J’ai affirmé que Nelson Mandela n’avait rien fait pour son peuple. Ceux qui n’ont pas apprécié mon article consacré à ce « héros » africain des élites occidentales, m’ont critiqué, moi, sans vraiment remettre en question les éléments que j’ai présentés pour étayer mes propos. L’argument qui revient souvent concerne le Zimbabwe de Mugabe. Certains Africains déclarent que Mandela a été plus sage que Mugabe dont le pays, disent-ils, traverse une grave crise socio-économique depuis la fameuse reforme agraire. Je réponds OUI mais cette crise n’est pas tombée du ciel. Il faut apprendre à analyser les causes profondes des événements qui touchent l’Afrique, pas seulement se contenter de « philosopher » sur les conséquences dont on ignore les causes.

L’Occident a imposé une série d’embargos économiques contre le Zimbabwe, et a fait croire aux Africains et au reste du monde que la terrible crise qui en résultait était le fait de la mauvaise gestion du pays par le pouvoir d’Harare. Pourtant en Afrique du Sud de Mandela où rien de consistant n’a été entrepris pour sortir la masse de la misère, où l’on a laissé l’apartheid économique prospérer plus que jamais au détriment de la majorité [noire], on a continué de jeter des fleurs. Parmi les pourfendeurs de la politique de Mugabe figuraient des riches propriétaires terriens sud-africains (Blanc, on s’en doute) qui craignaient que la reforme agraire zimbabwéenne « contamine » l’Afrique du Sud et les autres pays de la région aux prises avec le même problème des terres. En Afrique du Sud particulièrement, la répartition des terres est la plus inique de toute la région. En effet, jusqu’au milieu des années 2000, les deux tiers des meilleures terres du pays se trouvent aux mains de quelque 60 000 fermiers blancs tandis que les 14 millions d’agriculteurs noirs doivent se contenter de ce que le pouvoir raciste leur avait concédé à l’époque de l’Apartheid. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’ANC, seulement 1% des terres ont changé de mains au lieu des 30% prévus. Voilà pourquoi le président Mugabe est adulé en Afrique du Sud, c’est un véritable héros pour la majorité noire qui croupit encore dans la misère. C’est cette admiration des Noirs sud-africains pour Mugabe qui fait que les différents dirigeants de l’ANC au pouvoir se trouvent dans l’impossibilité d’appliquer l’embargo réclamé par les Occidentaux.

On a raconté au monde entier que la reforme agraire [et non l’embargo] de Mugabe avait échoué, qu’elle avait semé la misère, on a aussi prétendu qu’elle avait occasionné des centaines de victimes alors qu’en Afrique du Sud de Mandela, pays arc-en-ciel, où il y a eu des milliers morts depuis l’avènement de l’ANC au pouvoir, on se tait. Combien d’Africains savent-ils seulement qu’il y a eu plus de morts en Afrique du Sud qu’au Zimbabwe ? On parle même aujourd’hui de « génocide contre les Blancs ». C’est un peu exagéré, on en convient, mais la réalité est qu’il y a plus de soucis à se faire du côté de l’Afrique du Sud où les populations noires des Township, trahies par des élites corrompues et complices des fondamentalistes néolibéraux, appellent à la révolte, qu’au Zimbabwe où la réforme agraire a résolu un certain nombre de problèmes et réduit l’écart entre les Noirs et les Blancs. « Mais qui s’émeut du fait qu’en Afrique du Sud, plus de 1000 fermiers (contre quelques dizaines au Zimbabwe) ont été assassinés depuis 1999 ? » écrit la journaliste belge Colette Braeckman.

Reconnaître haut et fort une telle réalité reviendrait à donner raison à Mugabe. Aucun gouvernement en Occident, aucune presse occidentale « libre » ne peut se le permettre. Il faut continuer à louanger le pays de Mandela ; le seul où l’on se vante d’avoir conclu une sorte de « traité de paix » sans rendre justice aux victimes de l’Apartheid, où l’on vante l’avènement de quelques nègres millionnaires à côté de millions de pauvres noirs, où l’on vante un « développement » qui profite à une minorité de privilégiés … Élever un groupe de militants noirs au rang des élites blanches qu’ils combattent, ils oublieront la majorité pour laquelle il combattait. C’est ce que les élites blanches sud-africaines ont réussi à faire en cooptant la plupart des leaders de l’ANC et surtout en les initiant merveilleusement bien à l’économie du marché. Le Wall street Journal, le journal de l’establishment américain, ne compare-t-il pas Mandela à Margaret Thatcher ? 

Ces Occidentaux et leurs cousins sud-africains détestent Robert Mugabe parce que lui, contrairement à Nelson Mandela, n’a pas trahi son peuple. Il a entrepris une reforme courageuse qui fait aujourd’hui le bonheur du peuple zimbabwéen, n’en déplaise à ces Africains habitués à colporter les mensonges des médias sans aucun esprit critique. Comme l’a déclaré Jean-Yves Ollivier, cet homme d’affaire français, proche de Jacques Chirac et grand connaisseur de l’Afrique australe ─ que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer.

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Publié le 23 février 2015, dans AFRIQUE, Droits humains, Impérialisme, Médiamensonges, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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