Ça se passe en Grèce en ce moment, peut-être ailleurs bientôt

Yanis Varoufakis ministre des Finances Grèce AYHAN MEHMET / ANADOLU AGENCY

Yanis Varoufakis ministre des Finances Grèce AYHAN MEHMET / ANADOLU AGENCY

Des évènements mondiaux se sont produits récemment depuis quelques mois, qui annoncent des changements dont vous devriez vous attendre qu’ils affectent notre vie de façon radicale. Le plus important sera un « reset » du système monétaire mondial, négocié au FMI entre Mai et Octobre 2015, même si pour l’instant les médias de la « pressetitution » restent muets sur le sujet, pour ne pas affoler le quidam. Le rêve de plus d’un siècle de l’hégémonie oligarque des ‘élites’ mondialistes (la cabale) de mettre en place une monnaie universelle, prélude à un gouvernement mondial du New World Order, est à un tournant. Ces évènements sont la chute de 2/3 du prix du pétrole, le décrochage de l’Euro du franc suisse, le QE de la BCE, et le début de l’éclatement de l’Euro et de l’Europe, accéléré par ce qui se passe en Grèce. Le chaos devrait s’intensifier suivant la technique hégélienne (action-réaction-solution) pour faire accepter les paramètres léonins du reset via le FMI, les effets nociceptifs de ce chaos organisé sciemment étant l’incitation à plier devant les réformes, autrement refusées. Après l’action (le chaos), la réaction (désarroi des peuples), la solution apportée par les instigateurs (un reset miraculeux et présenté comme salvateur).

Le plus immédiat, une menace totalement imprévue et une tuile de taille pour les élites globalistes, c’est ce qui se passe en Grèce depuis les élections et l’arrivée en force de Syriza. Le peuple grec a voté pour une voie différente, plus équitable, plus juste, et moins pénible, une voie dont il reste à prouver qu’elle est possible dans l’Europe d’aujourd’hui. La crise, qui depuis 2009 a plongé le pays dans la dépression, désarticulé la société grecque et déstabilisé son système politique, connaît depuis dimanche une nouvelle étape avec la réponse démocratique d’envergure et la réaction du peuple grec. Alors qu’en 2009 les partis traditionnels-Nouvelle Démocratie, PASOK et Parti Communiste-avaient réalisés 85% des voix, ces mêmes partis en ont totalisé il y a quelques jours 38%. Une chute vertigineuse illustrant la réponse du berger à la bergère, le coup de pied de l’âne au sort misérable réservé par l’oligarchie et la Troïka à une Grèce ruinée financièrement et socialement.

Pas encore une vraie révolution de 100% du peuple, comme l’avaient été 1789 en France et le renversement du régime tsariste en Russie, mais un bon début, un « harbinger » menaçant et lourd de promesses à l’égard de ceux qui jouent depuis trop longtemps avec les nerfs et les vies du peuple démocratique. Car, voyez vous, ces membres de la cabale, ce ne sont pas des dictateurs au sens strict, ils savent qu’ils n’auraient pas tenu si longtemps dans ce rôle. Ils acceptent en conséquence les principes de la démocratie mais sont experts à les endormir et les presque neutraliser par la manipulation, les false flags, la presse complice et les politiciens aux ordres. Ce qui est beaucoup plus insidieux et vicieux, et d’une efficacité redoutable. La panique pour eux, c’est quand la démocratie retrouve ses marques et impose ses lois comme en Grèce aujourd’hui. Le château de cartes est prêt à s’écrouler. Les rentes promises à ces spoliateurs leur sont retirées, comme le revirement de la privatisation du port du Pirée et d’autres valeurs d’État en Grèce promises auparavant à un bradage au profit des globalistes vautours.

Peur, espoir, aigreur et ressentiment se sont traduits par un résultat électoral cinglant, mais le plus difficile reste à faire. C’est 36,5 milliards qu’il faut trouver quelque part, au risque d’une faillite d’ici l’été prochain. Le nouveau gouvernement ne pourra pas accepter un accord qui donne l’impression d’aller à l’encontre de ses engagements ou de ses promesses électorales, ce qui par extension prouverait à l’Europe que sortir de son carcan est impossible, et ce qui ravirait Bruxelles. Une pirouette planifiée à la Hollande avec « mon ennemi c’est la finance » est improbable en Grèce. D’ailleurs, s’il essayait de nous refaire le coup et qu’encore beaucoup tomberaient dans le panneau, bien plus de sheeple ouvriraient les yeux et douteraient de sa promesse qui, comme on le sait, n’engage que ceux qui la croient suivant l’expression éculée.

Si on se doute bien qu’un succès total de Syriza est improbable, l’obtention négociée de la majorité de ses objectifs créerait un précédent dans lequel pourraient s’engouffrer les autres pays en voie d’être ruinés, dont certains sont déjà virtuellement hors course, en Europe. Et à qui Bruxelles, la Troïka, l’Allemagne de Merkel, et les oligarques promettent une austérité macabre dans un avenir bouché pour le peuple, sa jeunesse et ses retraités. Regardons ce que fait Podemos en Espagne dans deux ou trois mois. Cela s’annonce comme une deuxième mauvaise surprise pour la Troïka.

Pendant que Tsipras et son gouvernement sont à la manœuvre, ce qui décidera du sort de la Grèce et affectera l’avenir de l’Europe, le délitement lié à une possible disparition de celle-ci est discuté, chose nouvelle par rapport au silence qui a prévalu ces dernières années. Il y a l’espoir d’un changement qui nous sauve, et ça se passe en Grèce, c’est là que les phases préliminaires initiales se déploient. Observons ce qui va en sortir, et ça donnera peut-être l’exemple et la formule pour les autres pays fourvoyés dans l’Euro et l’Europe. Nous sommes dans l’antichambre ou le couloir de la mort d’une disparition voulue des civilisations nationales, promises à l’extinction et à la refonte d’un rêve idiot d’un monde globalisé et désincarné par l’hégémonie. Penser que des siècles de riches civilisations et des économies qui amenaient croissance et progrès social, s’écroulent au profit d’une pseudo civilisation soit disant moderne, et qui s’est faite il n’y a pas si longtemps sur l’anéantissement par exemple de la civilisation des Indiens d’Amérique, car c’est bien de cela qu’il s’agit notamment, avec dégradation du climat et de l’écologie en toile de fond. Le point commun de ces calamités c’est l’argent et le pouvoir que certains en retirent.

Le roi dollar est promis à une mort honteuse avec l’ajustement logique à la baisse du prix du pétrole et la disparition des pétro dollars, remplacés par les monnaies des Brics. Les promesses des SDR du FMI, dont on entendra parler vers le milieu et la fin de cette année, sont que le prix des ressources sera régulé, que les comptes de substitution prévus feront payer à une banque centrale les intérêts des dettes nationales et le pays endetté touchera en revanche des dividendes de ces intérêts en retour, effaçant pratiquement le poids de la dette. Les banques privées ont déjà été isolées du commerce des ressources et elles le seront bientôt des dettes. En France c’est Giscard qui avait permis ce système débile en 1973, qui a enrichi les banques privées. Et bien sûr les Brics feront leur entrée triomphante dans le système international nouveau, destiné à pulvériser l’existence du vieux système pondu à Bretton Woods qui avait si bien favorisé l’Amérique jusqu’ici. Mais c’est la cabale qui dirige le monde, pas l’Amérique. Et le monde entier devrait bientôt le réaliser. Encore une fois, le chaos actuel n’a qu’un but, agir comme vaseline (excusez l’analogie osée mais l’image est fidèle) pour l’introduction des SDR. Il se stabilisera une fois les buts atteints par l’hégémonie. Par contre reste à expliquer les attaques qui depuis le Project for a New American Century de 1995 ont décimé les pays Musulmans. Sur le sujet nous ne prétendons rien, si ce n’est que l’Amérique n’a plus les moyens de diriger à la fois l’Europe et les pays du Moyen-Orient, et qu’elle abandonne l’Europe pour se recentrer sur les ressources pétrolières. Les tentatives de l’Otan en Ukraine sont un chant du cygne, et la constatation que la fameuse tactique du pivot asiatique prônée par Brzezinski et endossée par l’Amérique depuis trois décennies a lamentablement échoué, au profit de l’Eurasie, formée par l’alliance de la Chine et de la Russie qui a maintenant tourné le dos à l’Europe. Ce désastre pour les pays européens, y compris l’Allemagne et la France, va peut-être les inciter, trop tard, à réviser sa vassalité honteuse et aveugle à Washington. Nous pourrions possiblement assister à un retournement de l’Allemagne vers la Russie et l’Asie plus tôt qu’on le croit.

Comme vous voyez, les réflexions sur la Grèce nous ont entraîné un peu loin, avec un florilège de remarques sur des sujets divers mais totalement connectés. Ce pays, un des plus touchés par la crise, aura toujours le mérite, avec les Brics de la SCO, de défier l’hégémonie devant laquelle nous nous sommes couchés depuis trop longtemps. La moindre des choses c’est de souhaiter qu’ils réussissent, eux et la Russie, au lieu de les mépriser pour être une sorte de Club Med de l’Europe, inconscients et dépensiers, et honnir la Russie pour refuser les implantations à ses frontières de l’Otan, doxa d’une presse aux ordres. Les blogs imbéciles à cet effet sont à ignorer, leurs auteurs étant les complices avérés ou inconscients de mensonges grossiers. En passant, on attend toujours les « preuves » concernant le vol MH17 abattu par on ne sait plus trop qui, pour on ne sait plus trop quoi, et on ne sait toujours pas avec quoi. Une « évidence » sans consistance qui s’avère être une bouteille à encre, et sur laquelle l’Amérique reste étonnamment muette, tranchant avec la forme péremptoire de ses accusations hâtives initiales. Ça invite à penser que la vérité claironnée n’est peut-être pas la bonne. La connaîtra-t-on un jour ?

Soit dit encore sur la Grèce, un dernier mot. Le nouveau ministre des finances, Yanis Varoufakis, est un blogueur génial dont je lis depuis longtemps les écrits inspirés. Il vient de déclarer qu’il continuerait d’écrire, bien qu’il soit maintenant ministre, et que ses blogs seraient peut-être plus courts et plus rares. On a vu des gens retournant misérablement leur veste. Pas son style, ce qui promet des séances historiques très animées avec la Troïka. Lui, Tsipras et le reste des ministres, mandaté par un peuple exaspéré, devraient secouer le système. Ça promet. Une preuve qu’un simple blogueur d’un site alternatif peut être propulsé à l’avant scène des évènements les plus importants de l’histoire.

Algarath

http://www.oulala.info/2015/01/ca-se-passe-en-grece-en-ce-moment-peut-etre-ailleurs-bientot/

Publié le 30 janvier 2015, dans Crise économique, Droits humains, Europe, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :