FMI et Banque Mondiale Responsables de la pauvreté à Madagascar

Ce qui arrive au pays en ce moment n’est sans doute pas le fruit du hasard. Il a été conçu ou plutôt le fruit du partenariat avec les institutions de Breton Woods dont le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ces institutions ont imposé la dévaluation de la monnaie nationale et ont fini par atteindre leur objectif qui est l’appauvrissement de la population. «Après quelques décennies, des centaines de milliards de dollars et plus de 4.000 % de dévaluation, le constat est édifiant :

les économies africaines lourdement endettées et totalement sinistrées, ignorées par les investisseurs et des populations entières décimées par la précarité et la malnutrition », explique l’économiste Jean-Jacques Ratsietison. Cette dévaluation de la monnaie locale est en outre la principale cause de la pauvreté à Madagascar et c’est en effet pour protéger les cours des matières premières sur le marché international que ces institutions de Breton Woods ont forcé les pays comme Madagascar à dévaluer leurs monnaies. « Ces institutions ont complètement déstructuré le rapport entre salaire et coût de la vie dont le reste de l’économie pourtant étranger au [café et à la vanille] est par ailleurs majoritaire, et fait que la quasi-totalité de la population, y compris les salariés, vit dans la plus grande précarité », rapporte Jean-Jacques Ratsietison. Comme l’explique cet économiste, les Malagasy sont en train de mener une lutte contre son propre camp car ce n’est pas seulement les politiques qui sont responsables de la pauvreté mais ces deux institutions qui se sont servis des politiques pour instaurer leur plan maléfique. «En réussissant à braquer les feux des projecteurs sur les dictateurs corrompus et incompétents et à mettre l’entière responsabilité de l’échec du tiers-monde sur leurs dos, ils sont parvenus à occulter leur propre responsabilité sur la politique économique désastreuse qu’ils imposent, véritable machine à organiser la banqueroute de l’Etat, à fabriquer la pauvreté et à perpétuer le développement du sous-développement », explique-t-il toujours.
L’économiste Jean-Jacques Ratsietison propose comme solution depuis bien plus longtemps, l’abrogation de ce système de dévaluation ainsi que la suppression du MID (Marché Interbancaire de Devise) pour réévaluer l’Ariary. Les effets de la suppression de ce MID sont très conséquents notamment dans certains pays comme le Brésil car « c’est bien la dévaluation qui alimente l’inflation ». Ce pays sud américain a avancé un « plan anti-inflation » qui, après une année de sa mise en place le 1er juillet 1994, a su ramener l’inflation de ce pays à 40% pour le seul mois de janvier 1994, soit un rythme de 5.000% par an, à moins de 3%. «Il faudrait être soit aveugle, soit idiot, soit criminel pour ne pas voir que le principal problème de ces pays (ndlr : tiers-monde comme Madagascar) est justement la faiblesse extrême du pouvoir d’achat des ménages », explique l’économiste. Il a mainte fois répété que supprimer le MID et instaurer un taux de change fixe ramènera la dignité du citoyen malagasy. Il explique alors que l’Ariary est une monnaie non convertible et que « la Banque centrale d’un pays à monnaie non convertible, n’a aucune obligation ni légale ni contractuelle ni d’aucune autre nature, de se constituer contrepartie en dernier ressort aux fins de satisfaire une demande formulée par un tiers, d’échanger de la monnaie locale contre une devise étrangère. C’est bien pour cela que le Brésil et l’Argentine, dont les monnaies ne sont pas convertibles, ont pu en 1994, et ce pratiquement du jour au lendemain, aligner leurs monnaies respectives au dollar américain », d’après Jean-Jacques Ratsietison.
Que d’exemples…
Toujours selon les constats de l’économiste Jean-Jacques Ratsietison, la classe moyenne a disparu à cause de cette dévaluation car un salaire ne suffit plus qu’à couvrir à peine les besoins alimentaires primaires. D’après une étude, un jeune ingénieur stagiaire gagnait 70.000 Fmg en 1983, l’équivalent de 1.400 FF soit 213 Euros. En 2006, devenu ingénieur de classe exceptionnelle échelon 1 et après plus de 2 décennies de dévaluation, il émarge à 360.000 Ariary (1 Ariary = 5 Fmg) soit 128 Euros. Malgré un salaire nominal multiplié par un peu plus de 25 fois, grâce à un parcours professionnel honorable, il est, en monnaie courante, pratiquement 2 fois plus pauvre en 2006 (128 euros) qu’en 1983 (213 euros) explique l’économiste. Un retraité du privé touche le 1/3 de son dernier salaire sur 3 mois. Il doit donc apprendre à vivre avec 10% de son salaire mais après une dévaluation de 100% il va lui rester un pouvoir d’achat équivalant au mieux à 5%. « On estime simplement qu’un retraité, quel que fût son statut social durant sa période d’activité professionnelle, décède en moyenne de malnutrition au bout de 3 à 4 ans. A chaque dévaluation, la précarité augmente mécaniquement et des milliers d’êtres humains, y compris les travailleurs, sont de fait, condamnés à mort. Mais parce qu’ils meurent pudiquement en silence, de manière disséminée et non violente au sein de leurs familles, la morale est sauve : leurs décès sont comptabilisés en mort naturelle », d’après Jean-Jacques Ratsietison. Les Experts du FMI et de la Banque Mondiale mettent cet appauvrissement mécanique dû à la dévaluation sur le compte de la pauvreté qui, elle-même serait due aux dirigeants dictateurs, corrompus et incompétents. Et ils sont lavés de tous péchés.

Racl. R
 http://lanation.mg/article.php?id=16780

Publié le 29 janvier 2015, dans AFRIQUE, Crise économique, Droits humains, Europe, Madagasikara - Crise, Médiamensonges, Politique US, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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