MADAGASCAR – L’anarchie gagne du terrain

Des nouveaux incidents ont éclaté à Port-Bergé, une bourgade du Nord-Ouest du pays, que l’on croyait sereine depuis longtemps. Des échauffourées ont éclaté. Les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants ont débouché sur des arrestations. Après les émeutes de Morondava, c’est Port-Bergé qui s’embrase. Les événements se suivent mais ne se ressemblent pas. Les motifs des émeutes ne sont pas les mêmes.

Mais les résultats sont plus ou moins identiques puisque les pagailles entrainent la terreur et la psychose.
D’une manière générale, les émeutes sont maîtrisées au bout de quelques heures ou de quelques jours. Mais on a l’impression qu’à n’importe quel endroit du pays et à n’importe quel moment, des incidents peuvent éclater. Après Morondava, c’est Port Bergé qui est secoué. Au cours des derniers mois, ce ne sont toutefois pas les seules villes du pays qui aient connu des émeutes violentes. C’est l’anarchie un peu partout.
Il est temps de se poser des questions sur les véritables origines de ces incidents. Ce genre de situation n’arrive pas n’importe comment. Les foyers de tension se multiplient un peu partout à travers le pays. Le régime HVM a eu beaucoup de chance, car si ce genre d’événements survenait dans la capitale, il aurait beaucoup de mal à s’en sortir.
Tout comme le régime HAT, le régime Rajaonarimampianina bénéficie de la clémence des habitants de la capitale. Ce sont des localités situées à plusieurs centaines de kilomètres d’Antananarivo qui sont en effervescence depuis quelques temps. Les dirigeants se sont mobilisés à Morondava. Le Premier ministre devait faire preuve de compassion puisqu’il est lui-même originaire de cette région meurtrie en si peu de temps. On attend de nouveau la réaction des autorités, en ce qui concerne Port-Bergé. Là-bas, c’est l’incarcération de quelques individus inculpés, à la suite de l’exécution de voleurs de zébus, qui est à l’origine du mouvement de foule.
Les exécutions sommaires sont de plus en plus fréquentes dans le pays. C’est le signe d’un manque de confiance en la Justice et envers les autorités. Mais on ne peut pas non plus admettre que cette pratique soit impunie indéfiniment. D’où l’incarcération de quelques présumés auteurs du massacre des voleurs de zébus. Mais la pagaille avait tourné à l’émeute.
D’une certaine manière, les dirigeants devront trouver les moyens d’asseoir leurs autorités. Si tous ces incidents éclatent un peu partout, c’est parce que les citoyens n’ont pas l’impression que le pays est réellement gouverné. D’où la tendance à se faire justice soi-même. D’où le défi lancé aux autorités également. C’est le corollaire d’une crise mal gérée et d’un conflit politique non encore résolu de manière définitive. Mais on pourra toujours continuer à fermer les yeux sur le fond du problème. Jusqu’à ce que les effets du désordre aient un impact un peu plus près des palais d’Etat.

J. Nantenaina

Publié le 18 décembre 2014, dans Droits humains, Justice, Madagasikara - Crise, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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