MADAGASCAR – Acharnement de Lala Arisoa Razafitrimo: Crise d’hystérie ou défense de l’Etat de droit ?

La ministre malgache des Affaires étrangères insiste sur la décision de justice qui frappe Marc Ravalomanana. Pour cette diplomate de fonction, si l’ancien président veut mettre ses pieds à Madagascar, il faudrait qu’il écope la prison. Une option qui va ravir les intérêts de quelques pays étrangers comme la France.

Il semble que l’actuelle ministre des Affaires étrangères, Lala Arisoa Razafitrimo, est un fervent défenseur de l’ « Etat de droit » jusqu’au point où elle fait l’avocat du ministère de la Justice, ou plutôt piétine dans la platebande de ce ministère, sur le cas de Marc Ravalomanana. Cette ministre, devant la presse mercredi dernier, soutient urbi et orbi que le retour de l’ancien président est avant tout une affaire de la justice malgache avant d’être une décision politique du gouvernement central. Car, l’ancien président fait l’objet d’une condamnation par contumace de la justice malgache suite aux affaires du carnage du 07 février, dont une enquête internationale afin d’y mettre la lumière a fait l’objet d’un refus catégorique par l’ancienne présidence de la Transition dont faisait partie de son staff d’ailleurs Lala Arisoa Razafitrimo. Et cette dernière estime « fondé » que Marc Ravalomanana ne doit pas échapper à cette décision judiciaire et qu’il fallait le jeter en prison comme un vulgaire criminel de premier ordre. En tout cas, Marc Ravalomanana ne bénéficie d’aucune mesure de clémence ni par l’exécutif ni par le parlement. Ainsi, lorsque l’actuel régime veut ainsi rompre avec le passé récent, c’est-à-dire la transition d’Andry Rajoelina qui l’a mis au monde, il se trouve ainsi curieux et étonnant que son ministre des Affaires étrangères parle le même langage que ceux qui la précédaient après 2009 à propos du sort de l’ancien président, véritable bête noire de Andry Rajoelina, de la France, et peut être aussi de Hery Rajaonarimampianina, mais certainement de Lala Arisoa Razafitrimo.
Ainsi tant que l’exécutif s’abstient ainsi à prendre une décision d’ordre politique relative au cas de Marc Ravalomanana, il y a toujours lieu à réciter toutes les condamnations du monde infligées contre l’ancien baron de Tiko. Et là, Lala Arisoa Razafitrimo a complètement raison de brandir qu’il existait dans les tiroirs de la justice malgache une décision qui devrait être appliquée à un certain Marc Ravalomanana une fois qu’il mettra les pieds sur son pays natal. Mais on commence à se demander sur les véritables motivations de la ministre malgache des Affaires étrangères, Lala Arisoa Razafitrimo, à trop s’acharner contre Marc Ravalomanana, mais évitant de piper mot de ce qu’elle pense de l’« Etat de droit » lorsqu’un certain Didier Ratsiraka a mis ses pieds à Madagascar, le 25 novembre 2011 dernier, lequel fait encore à cette époque l’objet d’une décision de justice, lui aussi condamné par contumace. A cette époque, Lala Arisoa Razafitrimo était une fonctionnaire influente au ministère des Affaires étrangères et côtoie la présidence d’Andry Rajoelina. Pourquoi Lala Arisoa Razafitrimo ne saisit pas non plus les forces de l’ordre pour interpeller Jean De Dieu Maharante qui fait toujours l’objet d’une décision judiciaire, similaire au cas de Marc Ravalomanana. On comprend mieux alors que Lala Arisoa Razafitrimo n’est pas dans ses bottes actuellement et profite de son passage à la tête de la diplomatie malgache pour évoquer ses propres animosités contre Marc Ravalomanana.
L’impunité doit être bannie du pays, et que tous ceux qui ont participé de près ou de loin à faire couler le pays dans la situation où il se trouve actuellement, doivent tous payer. La sévérité de la justice ne doit pas être sélective et ciblée, en épargnant les autres bandits en col blanc qui ont pioché dans les caisses de l’Etat pour bâtir une fortune personnelle ou familiale. Mais il semble que Lala Arisoa Razafitrimo adhère à l’option où la justice devrait être instrumentalisée pour tuer (au sens propre comme au figuré) politiquement ses adversaires. Et si le président de la République parle ainsi de réconciliation nationale, son ministre des Affaires étrangères préfère plutôt trouver son adversaire politique derrière les barreaux pour prendre sa retraite. Sauf si le président, lui aussi, ne s’adonne qu’à un exercice d’hâblerie pour épater la galerie, ses discours n’ont rien à voir avec les pratiques de ses ministres qui tirent les ficelles à contre-courant.

http://www.lanation.mg/article.php?id=12535

 

Publié le 12 juillet 2014, dans Droits humains, Françafrique, Madagasikara - Crise, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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