MADAGASCAR – Décennies de coopération militaire avec la France: Toujours au temps de la médiocrité

La France a vraiment le vent en poupe à Madagascar depuis l’avènement du nouveau régime. Il manquait au régime de décréter une élection référendaire pour plébisciter l’annexion de Madagascar à la France pour boucler la boucle de la réelle manifestation d’intérêt pour la France entretenue par les dirigeants malgaches. L’intervention audacieuse, mais controversée, du diplomate français, François Goldblatt, témoigne à quel point la France est réellement présente dans la politique malgache. Cette présence, elle se manifestait dans plusieurs domaines.

La majorité des capitaux financiers dans le pays est français, le tissu économique est occupé en majeure partie par des nationalités françaises, la langue française, quant à elle, est décrétée officielle par la Constitution malgache au même rang que la langue malgache, et plusieurs français détiennent des propriétés foncières dans le pays. La présence importante de la France dans le pays a résolument servi aux intérêts français qu’à ceux des millions de malgache. Les réalités sont parfois bluffant. L’accès exclusif des français aux matières premières stratégiques du pays et l’offre des débouchés privilégiés aux multinationales françaises, semblaient être garantis d’en haut lieu. La coopération du pays avec la France semble concourir au maintien du fragile statut de puissance mondiale acquis par la France après la guerre mondiale. 
Cette présence s’étend sur le plan militaire et stratégique, domaine jalousement gardé par la France. Sur le plan militaire, l’armée malgache est dans les petits papiers des français. Des « coopérants militaires » français sont discrètement présents dans les commandements militaires et privilégient d’un droit de regard dans les affaires internes du commandement. Parfois, ils forment les « cabinets noirs » des départements militaires et pilotaient dans l’ombre la stratégie dans sa globalité à la plus intime mission. Les matériels roulants de l’armée malgache et de la gendarmerie nationale reflétaient aussi cette relation historique, mais ambigüe, de la coopération militaire franco-malgache qui date de plusieurs décennies. Les véhicules qui restent à la disposition de l’armée et de la gendarmerie, afin d’affronter les dures réalités dans le pays, ne sont que majoritairement des marques françaises. Tout laisse croire alors que l’équipement des militaires malgaches est donc réservé au soin exclusif du gouvernement français. Des équipements qui ne sont plus à la hauteur du défi de l’armée. Pourtant, l’armée malgache semble avoir fermé son horizon diplomatique et stratégique au privilège de l’armée française. L’ouverture à d’autres partenaires bilatéraux en matière de coopération militaire et stratégique n’a jamais été la tasse de thé des dirigeants de l’armée malgache. Pour le coup, le bilan des 54 années d’existence de l’armée malgache n’a jamais permis aux nationaux de vivre dans la sérénité totale et connaître la stabilité. Les échecs, les coups tordus, le renversement de régime, la recrudescence de l’insécurité, sont les fruits de l’accord de défense signé par l’armée malgache et de la gendarmerie nationale avec le gouvernement français depuis l’indépendance. Jamais, le pays n’a connu une armée républicaine digne de ce nom. Avec ces décennies de coopération exclusive dans le domaine militaire avec la France, le pays baigne toujours dans la médiocrité.

http://www.lanation.mg/article.php?id=11389

Publié le 17 mai 2014, dans Françafrique, France, Madagasikara - Crise, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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