MADAGASCAR – Délestage et insécurité Deux échecs du nouveau régime

La situation générale du pays n’a pas évolué d’un iota depuis l’avènement du nouveau président de la République. Le statu quo se manifeste par la persistance de l’insécurité à travers le territoire national ainsi que l’impossibilité pour la Jirama de trouver une solution durable au problème de délestage.

Les nouveaux dirigeants courent pratiquement en permanence le risque d’une explosion sociale. La récente émeute à Itaosy en raison d’une coupure d’électricité en est une preuve irréfutable. Il suffit d’un rien pour que la goutte d’eau qui fait déborder le vase arrive. L’incapacité de la Jirama à satisfaire les citoyens est source d’une grande frustration. Les délestages agacent la population dans différentes grandes villes de Madagascar. C’est un problème qui persiste depuis plusieurs années mais qui n’est pas résolu. Pratiquement toutes les régions du pays sont concernées par le délestage. C’est la durée qui varie d’une localité à une autre. 
En ce qui concerne la capitale en particulier, les délestages ne sont pas aussi fréquents que dans les autres villes du pays. La crainte d’une émeute y est pour quelque chose. En effet, les émeutes dans la capitale, quand elles ne sont pas maîtrisées, débouchent généralement sur la chute d’un régime. Tout le monde le sait. Ce qui s’est passé à Itaosy constitue déjà un avertissement. La population d’Antananarivo et ses environs ne peuvent pas endurer trop longtemps un délestage systématique. A la place du délestage, la Jirama pénalise les abonnés de la capitale par la sous-tension. Dans de nombreux quartiers, le service de la société nationale d’eau et d’électricité laisse à désirer. La sous-tension électrique engendre des désagréments aux usagers mais la Jirama s’en fiche complètement. La destruction des équipements électroménagers et le faible éclairage constituent un problème permanent pour certains quartiers de la capitale, mais les responsables de la Jirama ferment les yeux sur ces problèmes. La Jirama est actuellement une société d’Etat classée parmi les sociétés qui enregistrent le plus gros chiffre d’affaires à Madagascar mais qui ne parvient jamais à satisfaire les citoyens. Les responsables sont inamovibles malgré leur incompétence. Le délestage qui se poursuit dans de nombreuses villes du pays constitue en tout cas un signe flagrant de l’échec du début de la gouvernance du nouveau régime, étant donné que, lors de la campagne électorale, Hery Rajaonarimampianina avait promis de trouver au plus vite une solution à ce problème. 
L’autre plus grand échec du nouveau régime, c’est le phénomène d’insécurité. Dans ce domaine, rien n’a changé depuis la prise de fonction du nouveau président. Si rien n’a changé, c’est parce que rien n’a été fait pour que la situation évolue dans le bon sens. Les principaux responsables sont maintenant remplacés à la suite de la formation du nouveau gouvernement. Mais on attend aussi le remplacement des chefs de commandement. Quand les résultats laissent à désirer, le remplacement des responsables sont inévitable. L’insécurité continue en effet de sévir dans les différentes localités de Madagascar. Il y a quelques jours, par exemple, des bandits armés de kalachnikov ont attaqué en plein jour le village de Behera, à quelques kilomètres de Toliary, dans le Sud du pays. Les bandits n’ont pas hésité à utiliser leur arme face à la résistance de la population condamnée à se défendre elle-même. L’attaque de Behera est loin d’être un cas isolé. Il n’y a pas un seul jour sans que l’on entende parler d’une attaque de dahalo ou de bandits armés sur le territoire national. Sans parler des cambriolages classiques dans les grandes villes et des vols à la tire que l’on ne parvient pas à solutionner. 
Dans les prochains mois, si aucune amélioration n’est constatée en ce qui concerne ces grands maux que le pays connaît, les Malgaches auront l’impression que le nouveau régime n’est qu’un régime incapable de trouver les solutions aux véritables problèmes du pays. A compter de ce moment, tout peut arriver, à n’importe quel moment. Car la population est de plus en plus impatiente. Il lui faut des résultats convaincants.

La Nation.mg

Publié le 27 avril 2014, dans Madagasikara - Crise, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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