MADAGASCAR : Sous protectorat étranger

Madagascar va célébrer dans quatre jours la proclamation officielle de son indépendance, en 1960. La fête sera au rendez-vous. Des concerts sont au programme et la parade militaire aura lieu comme à l’accoutumée au stade de Mahamasina. Le décorum sera respecté comme d’habitude. Mais le fond de la question ne sera pas évoqué. Malheureusement. 53 ans après la proclamation solennelle de l’indépendance de la Grande Ile, le pays est-il vraiment indépendant ? On ne cherche plus à comprendre. Nous avons un président ressortissant malgache, et une armée nationale. Cela semble suffire.

Mais, en réalité, tout reste à débattre. En cette période de crise, l’organisation des élections suscite une véritable polémique. La tenue des élections dépendra de la prise de décision de la Communauté Internationale. Il va falloir attendre la décision du Groupe International de Contact sur Madagascar et du financement qui sera consenti par les partenaires de la Grande Ile. Les prochaines élections dépendront ainsi entièrement des étrangers. L’indépendance du pays, c’est un vrai leurre. Tout le monde doit l’admettre. Depuis le moment où la Communauté internationale a pris en charge la médiation sur la crise malgache, à travers la SADC, la question de l’indépendance était devenue très aléatoire. Toutes les grandes décisions ont été prises à l’extérieur du pays. Andry Nirina Rajoelina était resté président de la Transition, mais il n’avait pas la mainmise sur tout ce qui devait se décider au niveau local. Rien n’a été officialisé, mais tout le monde avait l’impression que Madagascar était tout simplement sous protectorat étranger. La présidente de la CENIT est consciente de cette situation dérangeante. Atallah Béatrice s’est ainsi contentée de confirmer aux candidats à l’élection présidentielle que l’on devra attendre la décision du GIC et de l’issue des négociations avec les représentants des Nations Unies. C’est clair. Même pour les grandes décisions concernant les élections, les principaux responsables à Madagascar n’auront plus le dernier mot. Ce sont les organismes internationaux qui vont décider. La véritable indépendance n’est pas pour demain tant que le pays reste en crise. Andry Rajoelina n’a qu’à s’en prendre à lui-même. S’il a pu parvenir à sortir le pays de la crise politique au cours de ces quatre années et demie de présidence, on n’en serait plus là actuellement. Mais étant donné que la situation n’a pas évolué d’un iota, la Communauté internationale aura toujours son mot à dire. La véritable indépendance n’est pas pour demain.

J.Nantenaina

Publié le 24 juin 2013, dans Françafrique, Madagasikara - Crise, Madagasikara - Histoire, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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