LA FRANCE AU MALI :  »J’y suis, j’y reste !  »

Quelques analystes avaient bien dit qu’il s’agissait avant tout d’une simple formalité. Eh bien, ce fut le cas. En effet, invités à se prononcer sur l’opportunité de la prolongation de l’opération Serval au Mali, les députés français n’ont point transigé hier. Pas un seul ne s’est opposé à la requête des autorités françaises ! Les plus téméraires députés du Front de gauche n’ont fait que s’abstenir. Du coup, avec ce résultat de 342 oui contre 0 non, les militaires français peuvent tranquillement rester au Mali. Contrairement au discours qu’on nous servait il y a seulement quelques jours, la France ne quittera donc pas le Mali. L’effectif sera réduit, nous dit-on. Mais plus question d’abandonner le pays dans une situation si fragile. C’est désormais comme cela qu’on présente la chose. Cependant, au-delà même des troupes françaises, on annonce jusqu’à 13.000 soldats étrangers qui évolueront sous la bannière des Nations unies. Avec toutes les implications qu’une telle occupation entrainera à coup sûr. C’est un peu à cela qu’on aboutit si l’élite d’un pays se rend coupable d’une certaine forme de bêtise et que l’armée, elle, fait montre à la fois d’incapacité et d’irresponsabilité !… 1:24 23-4-2013

En seulement quelques jours, les autorités françaises sont passées d’un extrême à un autre. En effet, il y a peu, sur un ton presque menaçant, François Hollande lui-même avait promis qu’il ferait rentrer ses soldats en opération au Mali. Redoutant les conséquences d’un tel retrait précipité, certains Maliens avaient alors presque supplié le président français d’y rester encore un certain temps.

Cette doléance, le numéro un français vient de l’agréer. Avec l’approbation qu’il a reçue  hier des députés français, il a désormais l’autorisation de maintenir les soldats français en opération au Mali au-delà des quatre mois vers lesquels on tend. Pour ne pas paraître contradictoires, les autorités françaises évoquent le maintien d’un millier d’hommes à la fin de cette année.

 

Mais le chiffre n’est pas l’important. On aimerait plutôt savoir ce qui pousse la communauté internationale en général, et la France en particulier à se soucier si subitement de la sécurisation à long terme du Mali ? 

D’autant plus qu’on se rappelle le peu d’empressement et les réserves avec lesquels les uns et les autres avaient accueilli les premières requêtes en faveur d’une intervention contre les islamistes. Or, aujourd’hui, au-delà de la France, c’est l’ONU qui manifeste son intérêt. C’est ainsi qu’une fameuse Mission des Nations unies pour le soutien au Mali (Minusma) vient d’être sortie du chapeau.

A terme, elle devrait comprendre quelques 13 000 hommes. Un peu à l’image de la Mission des Nations unies en RDC. Pour qui connaît les dépenses nécessaires au déploiement d’une telle force, on a du mal à croire que ce soit uniquement sur une volonté désintéressée d’aider le Mali à retrouver la paix.

De toute évidence, d’autres enjeux sont apparus. Or, très souvent, dans une telle situation, ce sont les enjeux économiques qui sont ultimement déterminants. Dans le cas-ci, le Mali ne serait cependant pas le seul qui pourrait être affecté. Tous les pays de la sous-région, y compris l’Algérie, verraient leur intimité relativement affectée. Et c’est justement ce que craignait tant Abdelazziz Bouteflika. Malheureusement, les égos démesurés au sein de la société malienne en auront décidé autrement.

© 2013 Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

 

 

Publié le 23 avril 2013, dans AFRIQUE, Françafrique, France, Mali, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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