Madagascar : Que veux-tu ? Ténèbres ou Lumière.

Chers lecteurs, chères lectrices,

En cette nouvelle année, nous avons choisi de vous livrer la réflexion d’un de nos contributeurs réguliers. L’auteur dénonce, regrette, s’indigne,  et finit par interpeller chacun d’entre nous avec un titre aussi franc. Bref, le texte est à la hauteur de la situation qui prévaut actuellement dans le pays. 

La Rédaction vous dit: Bonne Année à toutes et à tous.

 

—————————

 

Madagascar : Que veux-tu ? Ténèbres ou Lumière.

 

Ces quatre dernières années ont été très noires. La lumière était à peine visible. Cependant  l’histoire de Madagascar ne vient pas de commencer. Elle remonte très loin en lien avec les autres pays du monde même si certains le refusent. Une île pleine d’énigmes mais très enviée. Malheureusement, certaines situations font que la dérive du pouvoir le fait comparer à un bateau qui coule au fond de la mer. Mais j’ai Foi que  le pays s’en sortira malgré ce que nous subissons  actuellement.

1972 est une des années où les jeunes du peuple malagasy se sont réveillés une fois de plus. Mais l’enthousiasme s’est viré en cauchemar. Avant cette date, nous  avions l’impression que nous vivions en paix. (Mais c’était une fausse paix car 1947 n’était pas si loin). Nous ne nous sentions pas vraiment à l’aise.

Le jour où les compatriotes sont rentrés de Nosy Lava, accueillis par des représentants d’Eglise, ramenés par des voitures,  escortés tout au long du trajet par une foule immense vers Tana avec un silence extraordinaire, je me disais : Est-ce une victoire ou une défaite ? Est-ce la fin ou le début d’une nouvelle espérance ? Si nous n’avons pas réussi cette fois-ci , nous aurons du mal à nous en sortir et vivre sous une vraie indépendance.

C’est une année où les gens de l’époque ont commencé à perdre leurs repères. Comme si leur vie ou du moins une partie d’eux – mêmes a été amputée, broyée. Une chute !? Dès ce moment, les mentalités ont complètement changé. Car le  peuple était comme «  le Poseïdon » qui s’engloutissait. Les passagers se sont battus de toutes leurs forces pour s’en sortir et trouver une voie salutaire. Peu de survivants. Ils ont vécu avec un traumatisme qui a accompagné toute leur vie.

La jeune génération de 72 et celles d’après,  pour la grande majorité, n’ont jamais vécu dans une stabilité permettant d’avoir une vie décente. J’ai connu des familles assez aisées mais une dizaine d’années plus tard, sont devenues très pauvres. Rien, plus rien chez elles. A peine si elles trouvaient à manger. (Mais il y en a aussi qui amassaient rapidement une richesse obtenue par la corruption et la domination des autres, au vu et au su de tous : secret de polichinelle !)

Je me dis aussi. Depuis 72, l’honnêteté et l’intégrité ne sont plus les priorités. Par contre, les oppressions, les chantages ainsi que  la non-reconnaissance, le non- respect des autres et les comportements infâmes gagnaient et continuent à gagner encore du terrain. Très peu de gens tiennent leur promesse. Beaucoup aiment mentir sous prétexte que c’est pour le bien des autres. Quelle contradiction !

Je regrette beaucoup les scolarités perturbées à tous les niveaux pour des raisons plus ou moins justifiées. Des jeunes, des enfants veulent bien s’instruire mais comment travailler ou bien étudier lorsque le pays est en plein tempête et en dérive. Il n’est pas faux de dire que des jaloux à l’intérieur et à l’extérieur du pays  s’acharnent pour que les Malagasy ne se développent pas.

Une de nos faiblesses vient de là et de passer notre temps à se rejeter les fautes et les erreurs au lieu de trouver des remèdes. Certains mettent  en avant leur propre intérêt et leur personne pour se remplir les poches. C’est leur seul but. On fait semblant de faire de fausses remises en question pour se déculpabiliser. C’est tout !! La démarche ne va pas plus loin. Que les autres meurent, on s’en fout ( raha maty aho matesa rahavako). Une autre faiblesse aussi est de n’avoir pu à temps préparer la relève lors des départs des européens.

J’admire beaucoup ceux qui ont tout essayé chacun à leur manière de rendre debout ce pays sans jamais utiliser la violence ni physique ni verbale. J’en connais beaucoup. Ce sont des gens qui travaillent dans l’ombre et ne recherchent ni honneur ni argent ! Je fais remarquer aussi que ceux qui n’ont pas pu être influencés par qui que ce soit ont payé cher leur résistance. Existent encore aujourd’hui ceux qui ne se soumettent pas à une autorité défaillante.

Les situations chaotiques de brèves durées (ne serait-ce qu’un jour) ont amplifié la destruction de Madagascar. Un grand  « laisser aller » s’est mis en place  sans penser aux conséquences. Seul, l’argent comptait. Et l’argent devient un dieu pour quelques uns  afin de mettre son peuple à genoux.

On ne sait pas ce que nous réserve l’avenir. Nous avons le choix entre continuer à vivre ainsi dans les ténèbres et rester soumis. Ou vivre dans la lumière du discernement.

Ne dites pas « Bonne année » si vous n’êtes pas prêts à changer. Mais changer en préférant la loyauté, l’honnêteté et le respect de tout être humain. Sinon, ce sont des paroles en l’air. Ce qui est dit et qui ne  nous donne pas la liberté et la vie, viendront  gifler douloureusement tout beau parleur (C’est comme le crocodile qui revient dans le fleuve). Si vous choisissez l’inverse vous pouvez compter sur la Lumière qui vous guidera.

A plus …ê !

 

Steir YOR

 

 

 

 

Publié le 31 décembre 2012, dans Actualités des Légalistes, Madagasikara - Crise, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :